16/09/2017

Comment peut-on investir dans des entreprises étrangères dans un PEA ?

Acheter de manière espacée dans le temps des trackers MSCI World est de loin la meilleure manière d'investir votre argent sur le long terme dans un PEA. Les deux principaux trackers MSCI World éligibles dans un PEA sont celui d'Amundi (FR0010756098) et celui de Lyxor (FR0011869353).

Mais comment se fait-il qu'on puisse investir dans des trackers MSCI World, composés d'actions d'entreprises étrangères, dans un PEA qui est normalement réservé pour des actions d'entreprises en zone euro ? Cette question revient souvent et je tente ici de l'expliquer simplement.

Quelles sont les actifs financiers éligibles dans un PEA ?

Les actions éligibles dans un PEA sont celles d'entreprises ayant leur siège en Union Européenne (plus quelques autres pays comme la Norvège et l'Islande) et soumises à l'impôt sur les sociétés.

Dans un PEA, on peut aussi acheter des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières). Ce sont des actifs financiers pilotés par des gérants financiers qui peuvent être investis en actions, obligations et/ou tout autre produit financier.

Pour être éligible au PEA, un OPCVM doit contenir au moins 75% d'actions compatibles d'un PEA. Et c'est là que réside toute l'astuce qui va vous permettre d'investir dans le monde entier grâce à la ruse des ingénieurs financiers.

En effet, un tracker MSCI World éligible au PEA est constitué d'au moins 75% d'actions d'entreprises compatibles du PEA. Le reste est composé d'actions d'entreprises non éligibles (exemples : Apple, Google, Facebook...) et aussi de produits dérivés de type contrat "swap". En finance, les contrats swap sont des actifs qui permettent, de manière prédéfinie, un échange de flux financiers entre deux acteurs (des banques ou des fonds d'investissements par exemple).

Ainsi, pour simplifier, dans un tracker MSCI World éligible au PEA, l'émetteur du tracker (Amundi ou Lyxor) échange la performance de son panier d'actions (les fameux 75% d'entreprises éligibles) contre la performance de l'indice MSCI World. Et avec qui est fait cet échange ? Une autre banque ou un autre investisseur, qui est appelé dans ce schéma, la contrepartie.

Un tracker qui utilise des contrats swap pour suivre la performance d'un indice est appelé tracker à réplication synthétique, contrairement à un tracker à réplication physique qui est composé uniquement d'actions de même composition que son indice de référence. Par exemple, un tracker physique sur le CAC 40 sera composé d'actions des 40 entreprises du CAC 40, dans les mêmes proportions que cet indice boursier.

De quoi est composé le MSCI World ? Voici les 10 plus grosses lignes et la répartition géographique.
Composition du MSCI World

Quels sont les risques inhérents aux trackers d'actions d'entreprises étrangères ?

Plusieurs questions légitimes peuvent se poser lorsqu'on achète des trackers synthétiques. Déjà, que se passe-t-il si l'émetteur du tracker fait faillite (Amundi ou Lyxor dans notre cas) ? C'est très peu probable pour ces entreprises, mais en finance, sur le long terme, tout reste envisageable. Dans cette situation, il faut bien se rappeler que les trackers achetés ne sont pas des actions d'Amundi ou de Lyxor. Peu importe la situation financière de l'émetteur, vous possédez des parts dans d'autres entreprises. De plus, c'est bien vous le propriétaire du tracker, et non l'émetteur. Donc normalement, cela n'aura pas d'impact. Sauf qu'il faudra rapidement trouver un repreneur pour assurer la gestion du tracker ! En effet, c'est l'émetteur qui fait le marché sur ses trackers. Si Amundi ou Lyxor fait faillite, il est quasi-certain qu'une autre banque rachètera leurs activités pour un prix dérisoire et se chargera de continuer à gérer leurs trackers.

Autre question délicate : que se passe-t-il si la contrepartie du tracker synthétique fait faillite ? La contrepartie est l'acteur financier (banque ou autre) qui accepte d'échanger la performance de l'indice avec le panier d'actions du tracker. Dans ce cas-là, le contrat swap ne vaudra plus rien et seul les actions restantes auront une valeur. Mais rien ne garantit qu'elles suivront la performance du MSCI World (dans notre cas). Cependant, avec les systèmes d'assurance et les contraintes règlementaires, il est aussi très peu probable que la faillite d'une contrepartie perturbe durablement tous les trackers émis par Amundi ou Lyxor.

Enfin, le risque le plus important (qui reste très faible malgré tout !) lorsqu'on achète des trackers synthétiques de type MSCI World dans un PEA est qu'on devient soumis au risque de change. En effet, beaucoup d'actions d'entreprises du MSCI World ne sont pas cotées en euros mais plutôt en dollars ou yen ou livre sterling. Ainsi, si l'euro subit de très fortes variations par rapport à ces devises (exemple : effondrement de la monnaie euro ou au contraire hyper déflation), cela peut engendrer des écarts de performance par rapport à l'indice de référence (ici le MSCI World).

En résumé, les trackers MSCI World, même synthétiques, sont des actifs financiers fiables sur lesquels on peut investir sereinement. Ce sont aussi le meilleur moyen de diversifier son portefeuille dans un PEA, et ils sont donc bien moins risqués qu'investir dans quelques actions françaises par exemple. Ce ne sont absolument pas des produits spéculatifs complexes (comme des warrants, turbos ou autres options financières).

Les trackers MSCI World, un investissement solide à long terme

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