13/09/2017

Incertitudes autour du livret A : quelles sont les alternatives ?

Encore une mauvaise nouvelle... Le gouvernement envisage de geler le taux du livret A actuellement à 0,75 % afin de soulager les bailleurs sociaux (financés en partie par l'argent déposé sur les livrets A) pour qu'ils puissent diminuer leur loyer, et donc pour ensuite pouvoir diminuer les APL (Aides Pour le Logement). C'est malin, et c'est aussi un pari risqué de s'attaquer à l'épargne préférée des français.

Pourquoi geler le taux du livret A est défavorable à l'épargnant ?

Il faut se rappeler que le taux du livret A est normalement calculé selon une formule arithmétique entre plusieurs taux (Eonia, Euribor et le taux d'inflation hors tabac). Et la formule garantie que le résultat est supérieur à l'inflation, voire souvent à l'inflation + 0,25 %.

Cependant, des exceptions peuvent être prises par le gouvernement pour ne pas tenir compte de cette formule lors de la révision du taux du livret A. Et depuis 2012, les différents gouvernements successifs ont plusieurs fois déroger à la règle.

Ainsi, rien n'empêche de geler le taux du livret A à 0,75 % pendant quelques années comme le souhaite le gouvernement actuel. Malheureusement, même si rien n'est prévisible avec certitude en économie, l'hypothèse la plus probable est que l'inflation reparte dans les prochains mois.

Déjà aujourd'hui, le taux du livret A aurait dû être à 1 %. Il est donc fort probable qu'à l'avenir, en tenant compte de l'inflation, le livret A ait un rendement net négatif ! L'épargnant est perdant mais les bailleurs sociaux qui sont financés en partie par les fonds du livret A, eux, seront gagnants car ils emprunteront à un taux plus faible que l'inflation.

Bien sûr, si l'inflation repart à la baisse (tout est possible en économie !) alors le gouvernement serait alors pris à son propre piège... Mais c'est peu probable.
Attention à la fiscalité

Quelles sont les alternatives au livret A ?

Le gros point fort du livret A est qu'il est totalement défiscalisé. Vous n'avez à payer ni les prélèvements sociaux (aujourd'hui à 15,5 % et à partir de 2018 à 17,2 %), ni l'impôt sur le revenu, ni le prélèvement forfaitaire unique (aujourd'hui à 30 %).

Seuls le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), le LEP (Livret d'Epargne Populaire), le livret jeune sont aussi totalement défiscalisés. Mais sont-ils de bonnes alternatives au livret A si jamais son taux est gelé ?
  • LDDS : il est quasi-certain que son taux sera gelé aussi. En effet, la majorité des livrets A ont un encours bien inférieur à 12 000 € qui est le plafond du LDDS. Donc si le gouvernement gèle le taux du livret A mais pas celui du LDDS, alors il y aura un simple transfert de fonds vers cette épargne, sauf pour celles et ceux ayant un LDDS déjà plein.
  • LEP : son taux est toujours supérieur de 0,5 % au livret A. Par contre il est réservé aux personnes ayant des revenus modestes (payant peu d'impôts sur le revenu) et il est plafonné à 7 700 €.
  • Livret jeune : son taux est bien souvent supérieur à celui du livret A (cela dépend des banques). Mais il est réservé aux jeunes de 12 à 25 ans et son plafond est très bas à seulement 1 600 €.
Au final, il n'y a pas vraiment d'alternative intéressante au livret A si jamais son taux est gelé en-dessous de l'inflation. Il faudra alors se tourner vers des épargnes plus risquées comme l'assurance-vie ou le PEA. Dans mes précédents billets (ici et ), j'ai expliqué pourquoi je déconseille le PEL, les comptes-titres et les super livrets offerts par les banques.

Pourquoi faut-il diversifier ses supports d'épargne ?

Posséder un livret A et un LDDS pour les besoins à court terme (inférieur à 3 ans) et un PEA, un PEA-PME, un PEE ou PEG, et une assurance-vie pour les investissements à long terme (supérieur à 5 ans) : mais pourquoi autant de supports d'épargne différents ?

Tout comme il est très difficile de prévoir les cours de la bourse ou du Bitcoin, il est vain de vouloir prédire la fiscalité à venir sur l'épargne. Les gouvernements changeront bien plus souvent que vos placements longs termes. Et certains supports d'épargne risquent de souffrir d'une fiscalité bien plus douloureuse. D'où l'utilité de diversifier aussi ses supports d'épargne pour se prémunir du risque de volatilité de la fiscalité ! Bien sûr, comme en bourse, il ne faut pas diversifier aveuglément mais le faire de manière rationnelle et réfléchie.

Aujourd'hui, le livret A et l'assurance-vie sont dans le collimateur du gouvernement, notamment car ils concentrent à eux deux l'essentiel de l'épargne des français. Le PEA et le PEA-PME sont méconnus des français et bien souvent mal utilisés.

Ils sont donc, pour le moment, loin de la tempête fiscale qui s'abat actuellement sur notre épargne...
Diversifiez votre épargne et vos supports d'épargne !

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