06/10/2018

Quelles sont les différentes possibilités pour fermer son PEA ?

Les différentes possibilités de cloturer son PEA

Le PEA est un support d’investissement long terme qu’il faut garder au minimum 5 ans pour bénéficier de son principal avantage fiscal : celui de ne pas payer l’impôt sur les revenus sur les plus-values générées. Je pense qu’il est même préférable de le garder le plus longtemps possible (plus de 10 ans par exemple) en y versant régulièrement une partie de vos économies pour faire fructifier au mieux votre épargne : n’oubliez pas la magie des intérêts composés et que les plus-values génèrent elles-mêmes des plus-values ! De plus, les actions sont des produits intéressants pour un investissement long terme (même si les médias donnent une image biaisée très court-termiste de la finance...).

Mais une fois votre épargne bien valorisée se pose alors la question de comment sortir votre argent. Le PEA propose plusieurs options pour débloquer l’épargne. Voici un petit tour d’horizon.

Fermer son PEA avant 5 ans

Avant son cinquième anniversaire, fermer son PEA signifie que vous renoncer aux avantages fiscaux. Vous paierez donc à la fois les prélèvements sociaux et l'impôt sur les revenus sur les plus-values obtenues. C'est un très mauvais choix au vue de la fiscalité donc surtout ne le faites pas !

Fermer son PEA entre son cinquième et huitième anniversaire

Au-delà de 5 ans après l'ouverture de votre PEA (seule la date d'ouverture compte), vous conservez vos avantages fiscaux, c'est-à-dire que vous ne paierez pas d’impôt sur les revenus mais seulement les prélèvements sociaux sur les plus-values. Par contre, avant 8 ans, une fermeture anticipée du PEA entraine sa clôture complète : vous devrez liquider tout votre portefeuille (vendre toutes vos actions) et rouvrir un nouveau PEA pour prendre date.

Cette option peut être intéressante si vous souhaitez acheter votre logement principal ou financer un projet important qui vous tient à coeur, et qui ne peut pas attendre. N'oubliez pas ensuite de rouvrir dans la foulée un nouveau PEA pour prendre date, même si vous ne versez que le minimum (quelques dizaines d'euros en fonction des banques).

Fermer son PEA après 8 ans

Après 8 ans, la fermeture du PEA n'entraine pas sa clôture immédiate. Vous bénéficiez des mêmes avantages qu'expliqués précédemment et en plus votre PEA reste ouvert. Vous pouvez donc continuez à faire des achats et des ventes, à retirer progressivement vos liquidités, vous garderez l'ancienneté. Cependant, vous ne pourrez plus effectuer de nouveaux versements d'argent.

Cet inconvénient est très pénalisant si vous n'avez pas atteint votre plafond de versements et que vous avez encore de l'épargne à investir dans les prochaines années. Il vaut mieux parfois clôturer complètement son PEA pour en ouvrir un nouveau, et pouvoir continuer à y verser une partie de ses économies. Par contre : attention aux nombreux frais associés, notamment dans la revente de toutes vos actions et trackers.

Par contre, si vous avez atteint le plafond de vos versements (150 000 euros pour le PEA, 75 000 euros pour le PEA-PME), alors il n'y a plus aucun inconvénient à retirer partiellement vos liquidités après le huitième anniversaire. Vous serez alors libre d'utiliser l'argent de votre PEA comme bon vous semble.

Fermer son PEA en rente viagère

Il existe une dernière option pour fermer son PEA et qui n'est pas souvent utiliser : c'est la sortie en rente viagère après le cinquième anniversaire (avant 5 ans, vous perdez les avantages fiscaux donc à ne pas faire). Le principe est que votre banque ou assureur va utiliser l'argent de votre PEA pour vous verser tous les mois une rente jusqu'à votre décès dont le montant dépendra de nombreux facteurs : âge, santé, situation personnelle, etc.

Les montants n'entrent pas dans le calcul de l'impôt sur les revenus et sont seulement soumis aux prélèvements sociaux, comme dans le cas d'une fermeture classique du PEA après 5 ans.

Vous pouvez vous rapprochez de votre banque ou assurance pour faire une simulation mais bien souvent, ce n'est intéressant que si vous pensez vivre très longtemps. C'est un pari risqué que peu d'épargnants prennent. Si vous avez un retour d'expérience, n'hésitez pas à le partager dans les commentaires.

A vous de choisir !

27/09/2018

iGraal, Shopmium : que valent vraiment les applications de cashback ?

Shopmium et iGraal, deux références de cashback

Aujourd'hui, je vous propose un petit billet sur deux célèbres applications de cashback, censées aider à réaliser des économies.

Qu'est-ce que le cashback ? Le concept (venu des Etats-Unis) consiste à vous rembourser une partie de vos achats sur Internet ou dans vos commerces habituels, à travers une affiliation, c'est-à-dire un achat motivé par l'application.

Plus concrètement, prenons l'exemple de Shopmium, une des applications de cashback les plus populaires. Cette application, très simple d'utilisation, propose régulièrement des réductions sur des nouveaux produits. Il vous suffit alors d'acheter votre produit dans votre magasin habituel (en fonction des offres) puis d'envoyer une photo du ticket de caisse et du produit acheté comme preuves. L'application vous rembouse ensuite directement sur Paypal une partie de votre achat ! Si vous souhaitez tester, c'est gratuit et sans engagement. De plus, en utilisant mon code parrain w9n6f, vous aurez une petit cadeau (en ce moment : une boite de glaces Mars offerte).

Quant à iGraal, il s'agit d'une autre référence en terme de cashback. En passant par l'application ou via leur site internet, vous faites vos achats de manière habituelle dans vos enseignes (Darty, Fnac, etc.) et vous recevez ensuite un remboursement partiel dans votre cagnotte, de 1 % jusqu'à 40 % parfois du prix d'achat. De plus, iGraal propose aussi régulièrement de nombreux bons de réduction à imprimer puis à utiliser dans les grandes chaines de distribution (Leclerc, Carrefour, Auchan, etc.).

Comment se rémunèrent ces entreprises de cashback ?

Ce ne sont absolument pas des arnarques mais simplement un modèle économique qui fonctionne sur l'affiliation. En mettant en avant des produits ou des magasins, et en vous incitant à acheter, ces entreprises de cashback touchent une commission de la part des vendeurs ou fabricants de produits. Une partie de cette commission vous est ensuite redistribuée sous forme de remboursement.

Bien sûr, pour que cela fonctionne, il faut que ces entreprises de cashback drainent suffisamment d'utilisateurs (plusieurs dizaines/centaines de milliers) pour que les distributeurs ou les fabricants voient un réel effet à proposer des offres sur leurs plateformes. C'est en fait une nouvelle façon de faire de la promotion ou de la publicité.

Combien peut-on espérer économiser avec Shopmium ou iGraal ?

Si vous vous contentez d'acheter des produits que vous auriez quand même achetés sans passer par l'application, alors oui vous pouvez économiser entre quelques pourcents et 50 % du prix d'achat. Cela peut sembler alléchant à première vue mais en fait, vous allez vous rendre compte que la plupart des promotions et réductions ne sont pas forcément indispensables pour votre consommation habituelle.

La grande erreur est de céder aux tentations, et de se mettre à acheter plus (dont des produits qui ne vous seront pas forcément utiles) en croyant que vous économiserez plus. Surconsommer ne vous aidera certainement pas à épargner plus...

En conclusion, je vous invite à tester ces applications qui peuvent vous rapporter un peu d'argent lors de vos périodes d'achats. Par contre, faites très attention à ne pas céder à la tentation et que ces applications ne vous poussent pas à la sur-consommation qui ferait qu'anéantir toutes les économies que vous pourriez réaliser avec le cashback ! N'achetez que ce que vous aviez prévu d'acheter.... Si vous respectez cette règle, avec vous pouvez espérer économiser quelques dizaines d'euros par mois avec Shopmium et iGraal en fonction de votre niveau de consommation. Rien d'extraordinaire mais c'est toujours bon à prendre.

Attention à ne pas céder aux tentations de toutes les promotions

19/09/2018

Top 10 des trackers les plus populaires selon Morningstar

Morningstar et son classement des ETF les plus populaires

Le site Morningstar, spécialisé dans l’analyse et le classement de fonds OPCVM et ETF, publie chaque année le classement des trackers les plus recherchés par les internautes. Voici le Top 10 de l’année 2017 des trackers les plus populaires :
  1. AMUNDI ETF MSCI World : l’indice large des 1 600 plus grandes entreprises
  2. LYXOR NASDAQ 100 : l’indice des 100 plus grandes valeurs technologiques américaines
  3. AMUNDI ETF S&P 500 : l’indice large des 500 plus grandes entreprises américaines
  4. AMUNDI ETF MSCI Emerging Markets : l’indice des sociétés des marchés émergents
  5. LYXOR NASDAQ 100 Daily Leverage : l’indice des valeurs technologiques américaines avec effet de levier.
  6. LYXOR MSCI World : la version Lyxor du MSCI World
  7. LYXOR CAC 40 (DR) : l’indice CAC 40 incluant les dividendes réinvestis
  8. LYXOR DJ GLOBAL TITANS 50 : l’indice qui regroupe les 50 plus grandes capitalisations des principales bourses mondiales
  9. LYXOR WORLD WATER : l’indice représentant les 20 plus grandes sociétés autour du marché de l’eau
  10. AMUNDI ETF CAC 40 : la version Amundi du tracker CAC 40 avec dividendes réinvestis
Plusieurs informations peuvent être déduites de ce classement. Tout d'abord, Amundi et Lyxor dominent totalement ce classement. Pas une surprise puisque ce sont les deux principaux émetteurs de trackers. Les concurrents iShares et Vanguard ont encore du mal à entrer sur le marché français malgré les qualités de leurs produits (faibles frais, réplication physique de certains indices, etc.). Ils sont plus populaires aux Etats-Unis et il est fort probable que le marché français ne les intéressent pas (encore) suffisamment.

Les indices les plus populaires sont le MSCI World (pas une surprise sachant qu’il est le plus diversifié et fortement recommandé dans une stratégie d’investissement passif) et les indices américains, notamment le Nasdaq (pas étonnant vu leurs excellentes performances ces dernières années). Je suis un peu plus surpris de découvrir le tracker World Water, plutôt spécifique et restreint, qui représente les 20 plus grandes sociétés mondiales qui travaillent autour de l’eau (distribution, traitement, etc.). Je suis moins surpris de voir le tracker Emerging Market d’Amundi vu la médiatisation autour des économies émergentes et leur potentiel à long terme. Enfin, attention au tracker avec effet de levier (comme le NASDAQ 100 Daily Leverage) à cause de l’effet beta-slipping, fatal à long terme.

Le CAC 40 a toujours le cœur des internautes français vu que c’est l’indice phare de notre économie. C’est pourtant loin d’être l’indice boursier qui surperforme le plus même si de nombreux gérants français se comparent à lui. Peut-être que les épargnants oublient encore trop souvent que d’autres indices bien plus performances et diversifiés sont disponibles via des trackers à d’aussi faibles frais et éligibles dans un PEA.

Si je devais faire mon Top 10 personnel des meilleurs trackers, il ressemblerait plutôt à celui-là (tous éligibles au PEA comme présenté dans cette page de mon blog) :
  1. AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF EURO (CW8) - LU1681043599 : le tracker le plus célèbre pour s’exposer aux actions Monde
  2. LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD C-EUR (EWLD) - FR0011869353 : la version Lyxor du précédent tracker
  3. AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF USD (CW8U) - LU1681043672 : la version en dollars USD du célèbre tracker Monde
  4. AMUNDI ETF S&P 500 UCITS ETF EURO (500) - LU1681048804 : l’indice S&P 500 est le plus représentatif de l’économie américaine, toujours la plus dynamique
  5. AMUNDI ETF S&P 500 UCITS ETF USD (500U) : la version en dollars USD du célèbre tracker US
  6. AMUNDI ETF EURO STOXX 50 UCITS ETF DR EUR (C50) - LU1681047236 : l’indice phare de l’économie européenne et donc forcément sans impact des taux de change l’euro
  7. LYXOR EURO STOXX 50 (DR) UCITS ETF D-EUR (MSE) - FR0007054358 : la version Lyxor du célèbre tracker européen
  8. AMUNDI ETF EURO STOXX SMALL CAP UCITS ETF (ESM) - FR0010900076 : pour s’exposer aux petites et moyennes entreprises, plus risquées mais aussi plus performantes
  9. AMUNDI ETF RUSSELL 2000 UCITS ETF EUR (RS2K) - LU1681038672 : pour s’exposer aux petites capitalisations américaines qui sont toujours très dynamiques
  10. AMUNDI ETF MSCI EMERGING MARKETS UCITS ETF EUR (AEEM) - LU1681045370 : seulement en dernière position position car les attentes autour des pays émergents sont déjà trop élevées selon moi
Vous remarquerez que je ne suis pas fan de l’indice DJ Global Titans 50 qui représente plutôt mal les actions mondiales (malgré son nom) car les 50 entreprises qui le composent sont très majoritairement américaines (plus de 80 % de la composition). C’est un indice qui manque de diversification, il est plus intéressant d’avoir soit des trackers MSCI World pour s’exposer au monde ou soit des trackers S&P 500 pour s’exposer aux Etats-Unis.

03/09/2018

Comment lire et comprendre un DICI ?

Lire et comprendre les DICI

Le DICI pour Document d’Information Clé pour l’Investisseur est un document standardisé de quelques pages qui résume les principales informations pour comprendre la composition et le fonctionnement d’un produit financier comme un fonds d’investissement (FCP, SICAV ou autres) ou un tracker par exemple. Avant d’investir dans un fonds, je vous conseille fortement de le lire. Vous trouverez ci-dessous quelques astuces pour comprendre facilement les éléments principaux du DICI.

La stratégie de l’investissement et l’indice de référence

Un DICI explique toujours en quelques lignes quel est l’objectif du fonds en terme d’investissement (exemple : s’exposer aux marchés émergents, investir dans des petites entreprises en forte croissance, etc.). Souvent, il est précisé son indice de référence (exemple : CAC 40, taux Eonia, MSCI World, etc.) qui signifie que le fonds va chercher à faire au moins aussi bien que cet indice, normalement frais de gestion inclus.

Il est important de regarder les points suivants :
  • Quand il s’agit d’actions d’entreprise, est-ce que l’indice de référence tient bien compte des dividendes ? En effet, n’oubliez pas que certains indices comme le CAC 40 ne tiennent pas compte des dividendes, et donc sur le long terme, ils sous-estiment la performance réelle des actions qui les composent. Vous pouvez lire mon article sur le prix des actions pour mieux comprendre comment les dividendes impactent les cours des actions.
  • Est-ce qu’il n’est pas possible d’acheter directement un tracker sur l’indice de référence avec moins de frais plutôt que d’investir dans un fonds qui a du mal à reproduire la performance de cet indice ?
  • Sans indice de référence, vous vous lancez à l’aventure et faites entièrement confiance au gérant du fonds pour la performance. Est-ce que le risque en vaut la peine ?

La performance passée

Le DICI vous présente toujours les performances passées, et normalement cela doit être calculé net de frais de gestion. N’oubliez pas que les performances passées ne préjugent pas du futur. Cependant, cela peut vous donner une indication sur la volatilité et la régularité du fonds, ainsi que son ancienneté. A performances équivalentes, il faut privilégier les fonds les moins volatils (c’est-à-dire avec des variations faibles) et les plus anciens (signe de solidité et pérennité du fonds).

Le profil de risque et de rendement

Le DICI doit afficher un score allant de 1 à 7 indiquant le profil de rendement de risque du fonds. Le score 1 signifie que le fonds est sans risque, généralement investis en produits monétaires. Pour les scores allant de 1 à 3, on peut dire que le fonds est plutôt prudent avec une performance moyenne. C’est utile si vous comptez sortir votre épargne avant 5 ans. Je vous déconseille néanmoins les fonds ayant un score 1 car ils ont des performances ridiculement faibles.

Exemple de profil de risque et de rendement

Si vous visez plutôt 5 à 10 ans comme horizon de placement, je vous conseille de regarder les fonds ayant des scores de 4 à 6. Enfin, les fonds les plus risqués de score 7 sont à analyser au cas par cas en fonction de votre stratégie d’investissement. Ils sont souvent très concentrés sur les mêmes types d'actifs (action d'une entreprise ou d'une zone très restreinte).

Les frais de gestion

C’est le point le plus important pour l’investisseur. Il ne faut absolument pas le négliger car des frais de gestion annuel de 2 % peuvent vous coûter très chers au bout d’une dizaine d’années. Pour garder en tête un ordre de grandeur frappant : sachez que 2 % annuel équivaut à 22 % de votre investissement initial au bout de 10 ans et 49 % au bout de 20 ans ! En d’autres, termes, si vous investissez 10 000 euros dans un fonds avec 2 % de frais annuel, cela vous coûtera 2 200 euros dans 10 ans et 4 900 € dans 20 ans. Loin d’être négligeable…

Attention aussi aux frais d’entrée et de sortie qui s’appliquent au moment de l’achat ou de la vente de parts. Idéalement, ces frais doivent être nuls. Cela devient vite excessif de payer à la fois des frais d’entrée, de sortie et de gestion annuelle. Et pourtant, beaucoup de particuliers le font par méconnaissance…

En conclusion

Le DICI est un document indispensable à lire avant d’investir, en faisant très attention aux frais de gestion. Et ne cédez pas trop vite aux nombreuses techniques de marketing qu’utilisent les banques et gestionnaires de fonds pour vous vendre leurs nouveaux produits à la mode. Et cela reste vrai même pour les trackers ! Deux trackers qui suivent le même indice peuvent avoir des structures différentes avec des écarts dans les frais de gestion.

04/07/2018

La puissance des marchés prédictifs

Ce n'est pas de la voyance mais presque !

On dit que la bourse est un marché d’anticipation. Cela signifie que les prix des produits cotés reflètent les attentes des investisseurs, et non les résultats du moment présent. Ainsi, quand une entreprise publie d’excellents résultats mais que les analystes financiers s’y attendaient depuis longtemps, généralement le cours de l’action reste plutôt insensible. Il peut même baisser si les résultats sont moins excellents que prévus !

Le fait que la bourse anticipe les résultats à venir est très méconnu des particuliers et peu expliqué dans les médias. Certaines personnes peuvent être surprises et étonnées de voir des entreprises valorisées très chères alors qu’elles ne sont absolument pas rentables : c’est parce que le marché anticipe une forte croissance et rentabilité dans les prochaines années. Cet aspect « prédictif » est une caractéristique essentielle des marchés financiers. Lorsque les cours d’une action subissent de fortes variations, c’est souvent dû à l’annonce de nouvelles dont la probabilité était faible ou alors après de véritables surprises. On dit souvent que les cours reflètent toutes les informations, rumeurs et projections possibles à l’instant présent dans le cas de marchés efficients.

Plus généralement, on parle de marchés prédictifs tout marché où des agents s’échangent des actifs (matériels ou non) dont la valeur dépend d’événements futurs. La bourse est un exemple de marché prédictif (par exemple : les prix des actions reflètent les performances futures d’une entreprise). Il en existe d’autres comme les plateformes de paris sportifs ou le célèbre Hollywood Stock Exchange (malheureusement inaccesible en France) qui estime les futures recettes du box-office américain.

Les chercheurs se sont souvent posés la question de l’efficacité des marchés prédictifs par rapport à d’autres méthodes comme les sondages pour prédire l’avenir. De nombreuses études ont montré que les marchés prédictifs étaient plus fiables que les sondages. Bien sûr, cela nécessite d’avoir beaucoup d’échanges et de parieurs, et que ces parieurs y trouvent un intérêt financier ou une incitation à faire les meilleurs pronostics.

Hypermind, le marché prédictif à la française

Hypermind est une plateforme française de marchés prédictifs

En France, il existe la plateforme Hypermind qui propose d’acheter et de vendre des « réponses » à des questions sur des événements futurs. Ainsi, il est possible de parier sur des élections politiques, des décisions économiques ou d’autres événements liés à l’actualité. Les réponses ont une cote qui représente la probabilité de réalisation d’un événement. Les meilleurs parieurs gagnent des bons d’achats Amazon, c’est ce qui incite à faire les meilleurs pronostics possibles.

La méthode est loin d’être infaillible mais elle offre une autre vision que les sondages ou les études. Par exemple, Hypermind n’a pas su « prédire » la victoire de Donald Trump mais la probabilité de sa victoire (ou le prix de cet événement) était quand même de 20 % à quelques jours du vote, donc loin d’être négligeable.