vendredi 29 septembre 2017

PEA-PME : quand et pourquoi en ouvrir un ?

Le PEA-PME est un dispositif d'épargne très proche du PEA, lancé en 2014 pour stimuler l'investissement dans les petites entreprises et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire). Pour résumer, un PEA-PME est exactement comme un PEA, à ces différences près :
  • Plafond des versements à 75 000 € (contre 150 000 € pour le PEA).
  • Les titres éligibles sont plus restreints que le PEA : vous ne pouvez acheter que des actions de PME ou d'ETI respectant certains critères (notamment moins de 5 000 employés, et moins de 1,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires ou moins de 2 milliards d'euros au bilan).
  • Des OPCVM et quelques rares trackers sont éligibles mais ils restent focalisés sur des entreprises de petites tailles.
Le PEA-PME conserve donc tous les avantages fiscaux du PEA, sauf que le choix d'investissement est beaucoup plus restreint.

Comment savoir si une entreprise cotée en bourse est éligible au PEA-PME ?

Normalement, c'est à l'entreprise de communiquer son éligibilité au dispositif PEA-PME. Puis c'est à l'investisseur de s'assurer qu'il achète bien des actions éligibles, sous risque de se voir clôturer son PEA-PME (personnellement, je n'ai jamais vu ce genre de situation...).

Euronext liste régulièrement toutes les entreprises éligibles au PEA-PME : il y en a actuellement 338. Vous pouvez partir de cette liste pour constituer votre portefeuille d'actions.

PEA-PME

Que se passe-t-il si une société n'est plus éligible au PEA-PME alors que j'en possède des actions ?

Si l'entreprise était éligible au moment de l'achat, alors vous pouvez garder les actions aussi longtemps que vous le souhaitez. Par contre, une fois vendue, vous ne pourrez pas réinvestir sur ces actions (sauf si l'enterprise est de nouveau éligible à ce moment-là).

Quel est l'intérêt d'ouvrir un PEA-PME si je possède déjà un PEA ?

Très honnêtement, il n'y a aucun intérêt à ouvrir un PEA-PME si vous n'avez pas atteint le plafond des versements de votre PEA. En effet, vous pouvez faire avec un PEA tout ce que permet un PEA-PME, et bien plus encore. Le seul intérêt pourrait résider dans le fait que vous pourriez clôturer un plan d'épargne et garder l'autre, ou alors en prévision d'un changement de fiscalité sur un support et pas l'autre. C'est donc un intérêt bien limité...

Si vous avez atteint le plafond des versements de votre PEA (150 000 € pour rappel), alors il devient très intéressant d'ouvrir un PEA-PME. Pensez à anticiper son ouverture pour prendre date et profiter des avantages fiscaux débloqués au cinquième anniversaire.

On peut le dire maintenant : le PEA-PME a fait un bide auprès des épargnants. L'objectif du gouvernement était de collecter 2 milliards d'euros d'épargne mais aujourd'hui, nous serions plutôt aux alentours des 300 millions d'euros (contre plus de 70 milliards d'euros pour le PEA). La principale raison est expliquée ci-dessus : comme la plupart des PEA n'ont pas atteint leurs plafonds, peu d'investisseurs ont trouvé un intérêt dans ce nouveau dispositif.

Une bonne idée serait de donner plus d'avantages fiscaux au PEA-PME (une défiscalisation complète ?) discriminants par rapport au PEA, et qui inciteraient les investisseurs à prendre plus de risques.

Peut-on faire de la gestion passive dans un PEA-PME ?

Malheureusement, comme décrit ci-dessus, le PEA-PME ne permet pas d'investir de manière très diversifiée et donc vous devrez vous exposer aux risques inhérents des petites et moyennes entreprises. Cependant, il existe quelques trackers intéressants et différentes méthodes pour sécuriser un minimum son PEA-PME. Nous verrons tout cela en détails dans de futurs billets...

mercredi 27 septembre 2017

Comment sont fixés les prix des actions en bourse ?

Etonnament, tout le monde parle de la bourse, de la finance et des actions mais très peu de gens savent comment sont déterminés les prix des actions.

Sur un marché coté en continu (ce qui est le cas pour la plupart des actions d'entreprises connues du grand public), les prix des actions sont calculés sur la base du dernier échange d'actions. Plus clairement, les acheteurs et les vendeurs envoient des ordres de bourse au marché (les particuliers le font via leur banque). Les acheteurs précisent la quantité ainsi que le prix maximum d'achat, et les vendeurs indiquent la quantité ainsi que le prix minimum de vente. Ce type d'ordre de bourse est appelé ordre simple. Sachez qu'il existe plein d'autres types d'ordres de bourse bien plus complexes.

Tous les ordres sont stockés dans un carnet d'ordres. Dès qu'un ordre d'achat et un ordre de vente peuvent être exécutés ensemble, alors il y a une transaction boursière entre l'acheteur et le vendeur : l'acheteur récupère les actions, et le vendeur récupère l'argent de la transaction.

Les carnets d'ordres sont généralement visibles sur les plateformes boursières des banques, ou bien sur des sites boursiers comme Investir par exemple. Ci-dessous le carnet d'ordre de l'action Carrefour.

Exemple de carnet d'ordres

Actuellement, le meilleur prix d'achat est de 17,015 € contre 17,250 € pour le meilleur prix de vente. Si quelqu'un souhaite acheter absolument une action Carrefour, il déboursera 17,250 € et ce sera le nouveau prix de l'action. La quantité d'ordre de ventes à 17,250 € (ici 455) sera décrémentée du nombre d'actions achetées .

De même, si quelqu'un souhaite absolument vendre ses actions, il trouvera le meilleur prix d'achat à 17,015 € et ce sera le nouveau prix de l'action.

Un carnet d'ordre peut donner des indications sur l'évolution très court terme du prix de l'action mais cela reste peu significatif car beaucoup d'ordres de bourse sont cachés et la plupart des ordres sont émis ou annulés en quelques millisecondes de nos jours. Donc le carnet d'ordre n'est pas le reflet exhaustif de l'offre et la demande réelles.

Il existe aussi d'autres modes de cotation très répandus comme la cotation au fixing. C'est le cas de certaines actions dites peu liquides ou de l'once d'or. Dans une cotation au fixing, tous les acheteurs et vendeurs potentiels envoient leurs ordres de bourse. Puis à une heure donnée, le prix est déterminé : c'est celui qui permettra d'exécuter un maximum de transactions boursières, autrement dit c'est le prix qui permettra d'échanger un maximum d'actions ou de titres financiers. Une sorte de meilleur compromis entre l'offre et la demande.

Y a-t-il plus ou moins d'acheteurs que de vendeurs ?

Si vous avez bien compris le mécanisme de formation des prix des actions, vous l'aurez compris : il y autant d'acheteurs que de vendeurs à chaque transaction boursière. En effet, on ne peut pas vendre une action s'il n'y a pas un acheteur en face, et inversement ! C'est un abus de langage très répandu de dire qu'il y a plus d'acheteurs ou de vendeurs. Quand les marchés sont hauts, il faut plutôt dire que les acheteurs sont près à acheter à des prix élevés et qu'il y a des vendeurs en face qui sont près à vendre à des prix élevés aussi.

Et pour les autres produits financiers (trackers, warrants, options, etc.) ?

Le mécanisme de formation des prix est le même pour tous les produits financiers qui sont cotés en continu sur un marché réglementé (ou au fixing comme vu précédemment). C'est le cas notamment des trackers éligibles au PEA qui sont émis par des gérants de fonds comme Amundi et Lyxor.

Certains produits peuvent s'échanger au gré à gré (over the counter en anglais) sans passer par un marché réglementé mais cela ne devrait pas vous concerner.

dimanche 24 septembre 2017

Fiché mémo : investir facilement et simplement dans un PEA

Résumons ce qu'il faut faire pour investir facilement dans un PEA en profitant des avantages de la gestion passive : placement diversifié à moindre frais, peu chronophage et permet de profiter du rendement des marchés avec peu de risques...
  1. Ouvrir un PEA dans une banque en ligne pour limiter les frais de gestion. Vu dans cet article, je vous conseille Fortuneo (formule "Optimum") ou BforBank qui vous offriront en plus les services d'une banque traditionnelle.
  2. Verser de l'argent dans votre PEA, au moins 1 000 €.
  3. Acheter régulièrement des trackers MSCI World de manière espacée dans le temps (exemple : tous les mois ou tous les semestres) pour lisser les aléas des marchés.
    • Les principaux trackers MSCI World éligibles dans un PEA sont trouvables sous les codes FR0010756098 (CW8 - AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF) et FR0011869353 (EWLD - LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD C-EUR)
    • Acheter pour des montants supérieur à 1 000 € afin de limiter le coût des frais de courtage.
  4. Gardez toujours de côté un peu de liquidités (5 à 15 % du portefeuille) pour profiter des périodes de crises. Il y en a toujours eu, il y en aura toujours, et ce sont les meilleurs moments pour booster vos portefeuilles.
  5. Conservez vos trackers le plus longtemps possible avant de les vendre, pour profiter de l'effet boule de neige (les intérêts produisent des intérêts !).
Pour bénéficier des avantages fiscaux du PEA, il faudra le garder au moins 5 ans. Pour retirer de l'argent du PEA, il faut bien entendu vendre vos trackers pour avoir des liquidités à retirer.

Et voilà, rien de plus simple, vous voilà maintenant prêt à devenir un investisseur passif heureux, sans passer plus de 15 minutes par mois en gestion !

Apprenez à investir simplement dans un PEA !

mercredi 20 septembre 2017

Fortuneo, Boursorama, BforBank, Binck : quelle banque et quelle formule choisir pour mon PEA en gestion passive ?

Une des clés du succès dans la gestion de son PEA est l'optimisation des frais de gestion. Cela englobe les frais engendrés par les produits que vous achetez, les frais de tenue de compte et les frais de passage d'ordres.

Concernant les frais des produits financiers, nous avons vu que les trackers MSCI World constituent le meilleur moyen de diversifier facilement son épargne pour des frais de gestion très faibles contrairement à des fonds gérés activement comme les SICAV, les FCP et les autres OPCVM classiques que les banques cherchent toujours à nous vendre...

Pour les frais de tenue de compte, cela sera gratuit si vous optez pour une banque en ligne de type Fortuneo, Boursorama, BforBank ou encore Binck. Le service est de bonne qualité et vous trouverez toujours un interlocuteur à travers leur hotline téléphonique ou par mail. Dans cet article, je ne vous parlerez que de ces banques car je les ai déjà testées par le passé. Mais sachez qu'il en existe d'autres (Monabanq, ING Direct, etc.) où les frais de tenue de compte sont gratuits pour un PEA.

Enfin, les frais de courtage (appelé aussi frais de passage d'ordres de bourse) varient en fonction des banques et des différentes formules proposées. Et ce sont eux qui vont vous aider à bien choisir votre banque pour ouvrir votre PEA !

Fortuneo : quelle formule choisir ?

Tarifs 2017 de Fortuneo

Fortuneo propose 3 tarifs pour un PEA. En effet, le tarif "0 courtage" n'est valable que pour les comptes-titres. Mais nous avions vu dans ce billet qu'un compte-titre n'est pas intéressant.

Parmi ces tarifs, seul le tarif "Optimum" est intéressant car les autres formules imposent de faire de nombreuses transactions par mois, sinon vous paierez un minimum de 59,80 € par mois (ce qui n'est pas négligeable). Et dans le cadre d'une gestion passive, vous n'aurez pas à passer beaucoup d'ordres (au mieux un ou deux par mois) comme je l'ai expliqué dans cet autre article.

A la fin de cet article, je ferai un comparatif des meilleures formules des différentes banques.

Boursorama : quelle formule choisir ?

Tarifs 2017 de Boursorama


Un peu comme Fortuneo, Boursorama propose différentes formules en fonction de votre style de trading. Pour les mêmes raisons évoquées plus haut, évitez la formule "Ultimate Trader" qui impose de faire 30 passages d'ordres par mois. La formule "Découverte" peut être intéressante si vous n'investissez que des petits montants (moins de 500 €) mais je vous conseillerez plutôt d'attendre un peu pour avoir de plus grosses sommes à investir pour amortir les frais de courtage.

La formule "Classique" est le meilleur compromis pour un investissement passif mais elle impose de faire au moins une transaction par mois, sinon vous paierez 5,95 €. Si vous investissez de grosses sommes (plus de 7 750 €), alors il vaut mieux passer au tarif "Trader".

C'est un des gros inconvénients de Boursorama : la contrainte de faire une transaction par mois. Boursorama étant une banque plutôt réservée pour les traders actifs, et moins les investisseurs passifs.

BforBank et Binck : quelle formule choisir ?

BforBank ne propose pas une gamme de formules mais plutôt un tarif unique, après tout ce n'est pas plus mal. Quant à Binck, il existe une formule "30 ordres par mois" mais vous l'aurez compris, ce n'est pas l'idéal pour une gestion passive de votre PEA et il vaut mieux prendre le tarif classique.

Ci-dessous les tarifs de, respectivement, BforBank et Binck avec les différents paliers en fonction de la valeur de l'ordre de bourse que vous passerez.

Tarifs 2017 de BforBank

Tarifs 2017 de Binck

Un comparatif des frais de courtage pour une gestion passive

Maintenant, comparons les meilleures formules pour une gestion passive des différentes banques en ligne. Pour cela, j'ai simplement calculé en % du montant de l'ordre de bourse (achat ou vente) le coût des frais de courtage.

Le graphique ci-dessous montre les frais de courtage en fonction du montant de l'ordre de bourse effectué, selon les différentes banques.

Comparaison des frais de courtage des banques en ligne
En résumé, que faut-il retenir ?
  • Il faut faire des achats ou ventes d'au moins 500 € pour amortir les frais de courtage. En-dessous, les frais représentent une part trop importante du montant de l'ordre de bourse. N'oubliez pas que vous payez les frais de courtage à l'achat et à la vente !
  • Les pics correspondent aux effets de seuils ou changements de paliers dans les tarifs.
  • Pour un ordre de bourse d'un valeur entre 1 000 et 2 500 €, Fortuneo offre le meilleur tarif.
  • Au-delà de 2 500 €, Binck offre le meilleur tarif.
  • Au-delà de 5 150 €, avantage toujours à Binck et deuxième place pour BforBank.
Notons que Binck est une banque en ligne uniquement dédiée à la bourse, et n'offre pas les services d'une banque classique (compte courant, carte bancaire, prêt, assurance-vie, etc.) contrairement à Fortuno ou BforBank.

En conclusion, que choisir si vous optez pour une gestion passive de votre portefeuille ? Fortuneo est une très bonne banque avec des tarifs compétitifs pour des ordres de bourse inférieur à 2 500 €. Et si vous souhaitez avoir tous les services classiques d'une banque traditionnelle, Fortuneo reste le meilleur choix jusqu'à des montants d'ordres de 5 150 €. Au-delà, si vous avez de gros montants à investir (supérieur à 5 150 €), je vous conseille BforBank qui vous offrira en plus tous les services d'une banque en ligne.

Personnellement, j'ai opté pour Fortuneo. Si vous souhaitez que je vous parraine pour bénéficier de 80 € à l'ouverture de votre compte (bourse ou autre), vous pouvez utiliser mon code parrain : 

samedi 16 septembre 2017

Comment peut-on investir dans des entreprises étrangères dans un PEA ?

Acheter de manière espacée dans le temps des trackers MSCI World est de loin la meilleure manière d'investir votre argent sur le long terme dans un PEA. Les deux principaux trackers MSCI World éligibles dans un PEA sont celui d'Amundi (FR0010756098) et celui de Lyxor (FR0011869353).

Mais comment se fait-il qu'on puisse investir dans des trackers MSCI World, composés d'actions d'entreprises étrangères, dans un PEA qui est normalement réservé pour des actions d'entreprises en zone euro ? Cette question revient souvent et je tente ici de l'expliquer simplement.

Quelles sont les actifs financiers éligibles dans un PEA ?

Les actions éligibles dans un PEA sont celles d'entreprises ayant leur siège en Union Européenne (plus quelques autres pays comme la Norvège et l'Islande) et soumises à l'impôt sur les sociétés.

Dans un PEA, on peut aussi acheter des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières). Ce sont des actifs financiers pilotés par des gérants financiers qui peuvent être investis en actions, obligations et/ou tout autre produit financier.

Pour être éligible au PEA, un OPCVM doit contenir au moins 75% d'actions compatibles d'un PEA. Et c'est là que réside toute l'astuce qui va vous permettre d'investir dans le monde entier grâce à la ruse des ingénieurs financiers.

En effet, un tracker MSCI World éligible au PEA est constitué d'au moins 75% d'actions d'entreprises compatibles du PEA. Le reste est composé d'actions d'entreprises non éligibles (exemples : Apple, Google, Facebook...) et aussi de produits dérivés de type contrat "swap". En finance, les contrats swap sont des actifs qui permettent, de manière prédéfinie, un échange de flux financiers entre deux acteurs (des banques ou des fonds d'investissements par exemple).

Ainsi, pour simplifier, dans un tracker MSCI World éligible au PEA, l'émetteur du tracker (Amundi ou Lyxor) échange la performance de son panier d'actions (les fameux 75% d'entreprises éligibles) contre la performance de l'indice MSCI World. Et avec qui est fait cet échange ? Une autre banque ou un autre investisseur, qui est appelé dans ce schéma, la contrepartie.

Un tracker qui utilise des contrats swap pour suivre la performance d'un indice est appelé tracker à réplication synthétique, contrairement à un tracker à réplication physique qui est composé uniquement d'actions de même composition que son indice de référence. Par exemple, un tracker physique sur le CAC 40 sera composé d'actions des 40 entreprises du CAC 40, dans les mêmes proportions que cet indice boursier.

De quoi est composé le MSCI World ? Voici les 10 plus grosses lignes et la répartition géographique.
Composition du MSCI World

Quels sont les risques inhérents aux trackers d'actions d'entreprises étrangères ?

Plusieurs questions légitimes peuvent se poser lorsqu'on achète des trackers synthétiques. Déjà, que se passe-t-il si l'émetteur du tracker fait faillite (Amundi ou Lyxor dans notre cas) ? C'est très peu probable pour ces entreprises, mais en finance, sur le long terme, tout reste envisageable. Dans cette situation, il faut bien se rappeler que les trackers achetés ne sont pas des actions d'Amundi ou de Lyxor. Peu importe la situation financière de l'émetteur, vous possédez des parts dans d'autres entreprises. De plus, c'est bien vous le propriétaire du tracker, et non l'émetteur. Donc normalement, cela n'aura pas d'impact. Sauf qu'il faudra rapidement trouver un repreneur pour assurer la gestion du tracker ! En effet, c'est l'émetteur qui fait le marché sur ses trackers. Si Amundi ou Lyxor fait faillite, il est quasi-certain qu'une autre banque rachètera leurs activités pour un prix dérisoire et se chargera de continuer à gérer leurs trackers.

Autre question délicate : que se passe-t-il si la contrepartie du tracker synthétique fait faillite ? La contrepartie est l'acteur financier (banque ou autre) qui accepte d'échanger la performance de l'indice avec le panier d'actions du tracker. Dans ce cas-là, le contrat swap ne vaudra plus rien et seul les actions restantes auront une valeur. Mais rien ne garantit qu'elles suivront la performance du MSCI World (dans notre cas). Cependant, avec les systèmes d'assurance et les contraintes règlementaires, il est aussi très peu probable que la faillite d'une contrepartie perturbe durablement tous les trackers émis par Amundi ou Lyxor.

Enfin, le risque le plus important (qui reste très faible malgré tout !) lorsqu'on achète des trackers synthétiques de type MSCI World dans un PEA est qu'on devient soumis au risque de change. En effet, beaucoup d'actions d'entreprises du MSCI World ne sont pas cotées en euros mais plutôt en dollars ou yen ou livre sterling. Ainsi, si l'euro subit de très fortes variations par rapport à ces devises (exemple : effondrement de la monnaie euro ou au contraire hyper déflation), cela peut engendrer des écarts de performance par rapport à l'indice de référence (ici le MSCI World).

En résumé, les trackers MSCI World, même synthétiques, sont des actifs financiers fiables sur lesquels on peut investir sereinement. Ce sont aussi le meilleur moyen de diversifier son portefeuille dans un PEA, et ils sont donc bien moins risqués qu'investir dans quelques actions françaises par exemple. Ce ne sont absolument pas des produits spéculatifs complexes (comme des warrants, turbos ou autres options financières).

Les trackers MSCI World, un investissement solide à long terme

mercredi 13 septembre 2017

Incertitudes autour du livret A : quelles sont les alternatives ?

Encore une mauvaise nouvelle... Le gouvernement envisage de geler le taux du livret A actuellement à 0,75 % afin de soulager les bailleurs sociaux (financés en partie par l'argent déposé sur les livrets A) pour qu'ils puissent diminuer leur loyer, et donc pour ensuite pouvoir diminuer les APL (Aides Pour le Logement). C'est malin, et c'est aussi un pari risqué de s'attaquer à l'épargne préférée des français.

Pourquoi geler le taux du livret A est défavorable à l'épargnant ?

Il faut se rappeler que le taux du livret A est normalement calculé selon une formule arithmétique entre plusieurs taux (Eonia, Euribor et le taux d'inflation hors tabac). Et la formule garantie que le résultat est supérieur à l'inflation, voire souvent à l'inflation + 0,25 %.

Cependant, des exceptions peuvent être prises par le gouvernement pour ne pas tenir compte de cette formule lors de la révision du taux du livret A. Et depuis 2012, les différents gouvernements successifs ont plusieurs fois déroger à la règle.

Ainsi, rien n'empêche de geler le taux du livret A à 0,75 % pendant quelques années comme le souhaite le gouvernement actuel. Malheureusement, même si rien n'est prévisible avec certitude en économie, l'hypothèse la plus probable est que l'inflation reparte dans les prochains mois.

Déjà aujourd'hui, le taux du livret A aurait dû être à 1 %. Il est donc fort probable qu'à l'avenir, en tenant compte de l'inflation, le livret A ait un rendement net négatif ! L'épargnant est perdant mais les bailleurs sociaux qui sont financés en partie par les fonds du livret A, eux, seront gagnants car ils emprunteront à un taux plus faible que l'inflation.

Bien sûr, si l'inflation repart à la baisse (tout est possible en économie !) alors le gouvernement serait alors pris à son propre piège... Mais c'est peu probable.
Attention à la fiscalité

Quelles sont les alternatives au livret A ?

Le gros point fort du livret A est qu'il est totalement défiscalisé. Vous n'avez à payer ni les prélèvements sociaux (aujourd'hui à 15,5 % et à partir de 2018 à 17,2 %), ni l'impôt sur le revenu, ni le prélèvement forfaitaire unique (aujourd'hui à 30 %).

Seuls le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), le LEP (Livret d'Epargne Populaire), le livret jeune sont aussi totalement défiscalisés. Mais sont-ils de bonnes alternatives au livret A si jamais son taux est gelé ?
  • LDDS : il est quasi-certain que son taux sera gelé aussi. En effet, la majorité des livrets A ont un encours bien inférieur à 12 000 € qui est le plafond du LDDS. Donc si le gouvernement gèle le taux du livret A mais pas celui du LDDS, alors il y aura un simple transfert de fonds vers cette épargne, sauf pour celles et ceux ayant un LDDS déjà plein.
  • LEP : son taux est toujours supérieur de 0,5 % au livret A. Par contre il est réservé aux personnes ayant des revenus modestes (payant peu d'impôts sur le revenu) et il est plafonné à 7 700 €.
  • Livret jeune : son taux est bien souvent supérieur à celui du livret A (cela dépend des banques). Mais il est réservé aux jeunes de 12 à 25 ans et son plafond est très bas à seulement 1 600 €.
Au final, il n'y a pas vraiment d'alternative intéressante au livret A si jamais son taux est gelé en-dessous de l'inflation. Il faudra alors se tourner vers des épargnes plus risquées comme l'assurance-vie ou le PEA. Dans mes précédents billets (ici et ), j'ai expliqué pourquoi je déconseille le PEL, les comptes-titres et les super livrets offerts par les banques.

Pourquoi faut-il diversifier ses supports d'épargne ?

Posséder un livret A et un LDDS pour les besoins à court terme (inférieur à 3 ans) et un PEA, un PEA-PME, un PEE ou PEG, et une assurance-vie pour les investissements à long terme (supérieur à 5 ans) : mais pourquoi autant de supports d'épargne différents ?

Tout comme il est très difficile de prévoir les cours de la bourse ou du Bitcoin, il est vain de vouloir prédire la fiscalité à venir sur l'épargne. Les gouvernements changeront bien plus souvent que vos placements longs termes. Et certains supports d'épargne risquent de souffrir d'une fiscalité bien plus douloureuse. D'où l'utilité de diversifier aussi ses supports d'épargne pour se prémunir du risque de volatilité de la fiscalité ! Bien sûr, comme en bourse, il ne faut pas diversifier aveuglément mais le faire de manière rationnelle et réfléchie.

Aujourd'hui, le livret A et l'assurance-vie sont dans le collimateur du gouvernement, notamment car ils concentrent à eux deux l'essentiel de l'épargne des français. Le PEA et le PEA-PME sont méconnus des français et bien souvent mal utilisés.

Ils sont donc, pour le moment, loin de la tempête fiscale qui s'abat actuellement sur notre épargne...
Diversifiez votre épargne et vos supports d'épargne !

mardi 12 septembre 2017

PEL : encore moins avantageux que le PEA avec la nouvelle fiscalité 2018

Annoncé hier par le ministre de l'Economie, la fiscalité du Plan Epargne Logement (PEL) sera revue à la hausse à partir de janvier 2018. Le PEL est un plan d'épargne qui permet d'obtenir, sous conditions, un prêt immobilier à l'issue de la phase d'épargne.

Le PEL est très prisé par les français, avec un niveau d'encours proche des 260 milliards contre 360 milliards pour le livret A. Pourtant, à partir du 1er janvier 2018, le PEL sera clairement peu avantageux.

En effet, les gains seront désormais soumis à la "flat tax" ou prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, en plus des prélèvements sociaux (15,5 % à ce jour) comme c'est déjà le cas aujourd'hui. On l'appelle prélèvement forfaitaire unique car le taux est de 30 %, peu importe votre dernière tranche d'imposition sur les revenus.

Ainsi, avec un taux brut actuel de 1 %, le rendement net du PEL ne sera plus que de 0,445 % soit bien inférieur au livret A ou au LDDS (soumis à aucun impôt ni prélèvements sociaux). Si vous souscrivez à un prêt immobilier à la fin de la phase d'épargne du PEL, vous aurez le droit à une prime d'état et le taux brut sera de 1,5 %. Mais là encore, cela ne fera qu'un taux net faiblard de 0,6675 %. En plus, avec les taux historiquement bas actuellement, le prêt immobilier possible par le PEL n'est clairement pas intéressant.

Au final, le livret A et le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) qui offrent à eux deux un plafond cumulé de 34 950 € par personne, sont largement suffisants pour la plupart des personnes, et sont bien plus avantageux une fois la fiscalité déduite. Et heureusement, le gouvernement n'a pas l'intention de modifier la fiscalité de ces deux produits, et politiquement parlant cela serait en plus très risqué vu l'immense popularité de ces livrets d'épargne.

Et le PEA alors ? De même, le gouvernement est plus enclin à favoriser l'investissement en actions et hier, dans son interview, le ministre de l'Economie a bien insisté sur le fait que la fiscalité du PEA ne changera pas. Comme déjà évoqué plusieurs fois dans ce blog, ce n'est clairement pas l'épargne préférée des français (à tort !) et donc le gouvernement aura peu à gagner à taxer davantage le PEA.

Profitez de cette aubaine pour ouvrir un PEA et apprennez à le gérer en toute simplicité en lisant ce blog !

PEL, encore une nouvelle taxation

dimanche 10 septembre 2017

Et maintenant, j'achète quoi dans mon PEA ?

Ca y est, vous avez ouvert votre PEA et vous y avez versé un peu d'argent (au moins 1 000 € sinon les frais de courtage seront plus longs à amortir). Et maintenant se pose la question fatidique : qu'est-ce que j'achète ? Rassurez-vous, le plus dur est passé !

Les trackers MSCI World : la clé de l'investissement passif

En finance, un tracker ou fonds indiciel coté est un produit financier dont l'objectif est de reproduire la performance d'un indice boursier. Le MSCI World est l'indice boursier qui regroupe les 1 656 plus grandes capitalisations boursières du monde. C'est l'indice incontournable pour refléter la performance des marchés boursiers dans le monde. A titre de comparaison, le CAC 40 est l'indice boursier qui regroupe les 40 plus grandes capitalisations boursières françaises. Cet indice est donc beaucoup moins diversifié que le MSCI World.

En fait, en achetant un tracker MSCI World, c'est comme si vous achetiez des mini-parts d'actions dans les 1 656 grandes entreprises du monde qui composent cet indice. Il n'y a rien de mieux pour avoir un portefeuille diversifié et donc minimiser les risques (ne pas être exposé à un secteur particulier ou une région géographique particulière).

Ci-dessous, j'ai comparé la performance de 1970 à 2016 de l'indice MSCI World et celui de l'inflation. Les chiffres sont sans appel. Si vous aviez investi 1 000 € en 1970, vous aurez aujourd'hui plus de 70 000 € avec une performance MSCI World contre un peu moins de 7 400 € avec un performance égale à l'inflation. En rendement annualisé, cela nous donne environ 9,7 % pour le MSCI World contre 4,3 % pour l'inflation. Finalement, le rendement annualisé de 5 % dont je vous parlais dans mon premier billet n'est pas déconnant !
  MSCI World vs. Inflation en France


Impressionnant ? Oui mais parfaitement logique et prévisible. En effet, les 1 656 plus grandes entreprises du monde sont censées être rentables et générer du profit régulièrement. Sinon elles font faillite, et sortent donc de l'indice MSCI World (comme dans tout indice boursier, le panier de valeurs évolue au cours du temps).

Sources : Wikipedia et France Inflation.

Comment trouver et acheter des trackers MSCI World ?

Aujourd'hui, les principaux émetteurs de trackers MSCI World éligibles au PEA sont Amundi et Lyxor. Ce sont deux grandes entreprises de gestion d'actifs, fiables et réputées. Pour trouver et acheter leurs trackers MSCI World éligibles au PEA, rien de plus facile : il suffit de chercher puis d'acheter les codes suivants, appelés codes ISIN (International Securities Identification Number).

FR0010756098 : AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF (CW8)
FR0011869353 :  LYXOR UCITS ETF PEA MSCI WORLD C-EUR (EWLD)

Et voilà ce que ça donne, par exemple, sur un compte Fortuneo.
Exemple de trackers MSCI World dans un PEA de Fortuneo

Pourquoi les trackers sont si avantageux ?

Pour diversifier un portefeuille, mieux vaut acheter un tracker plutôt que d'acheter des centaines d'actions car vous vous ruinerez en frais de courtage.

Ensuite, un tracker MSCI World est votre seule solution pour investir dans le monde entier à travers un PEA. En effet, le PEA ne permet pas d'acheter en direct des actions d'entreprises étrangères à la zone Euro. Mais grâce à un mécanisme que nous détaillerons plus tard, certains trackers MSCI World sont bel et bien éligibles dans un PEA.

Enfin, les trackers ont des frais de gestion très réduits (inférieur à 0,5 %) contrairements à des fonds gérés activement (où les frais peuvent atteindre les 2% !). En effet, un tracker ne fait que répliquer la composition d'un indice boursier et ne cherche pas à surperformer le marché via une gestion active et coûteuse. Comme nous l'avons vu dans notre deuxième article, les frais de gestion peuvent largement réduire la performance de votre portefeuille, il ne faut donc pas les négliger.

Combien acheter et quand ?

Déjà la règle d'or est de n'investir que l'argent dont vous n'avez pas besoin sur le court terme. Ensuite, il faut acheter un certain montant qui vous permette d'amortir les frais de courtage. Dans la plupart des banques en ligne, les frais de courtage ont un talon minimum de l'ordre de 5 à 10 euros. Pour un montant de 1 000 €, cela représente 0,5 à 1 % ce qui est le maximum acceptable. N'oubliez pas que vous payez les frais de courtage à l'achat et à la vente, ce qui double leur impact !

Achetez donc au moins 1 000 € de trackers MSCI World pour amortir ces frais. Se pose ensuite la question de quand acheter. Si vous êtes un devin, alors achetez quand les marchés sont au plus bas. Et si vous êtes comme le commun des mortels, alors achetez quand vous avez l'argent disponible à être investi. Peu importe quand, l'idée est d'étaler les achats et surtout ne pas tout acheter d'un coup.

Si vous achetez une grande somme d'un coup, alors vous prenez le risque d'acheter avant une baisse importante des cours, et d'être donc un peu coincé pendant longtemps. Si vous étalez vos paiements, alors vous lisserez les fluctuations des marchés boursiers. L'astuce consiste à investir le même montant tous les X mois ou tous les ans (par exemple : 2 000 € tous les 6 mois). Vous acheterez ainsi plus de trackers quand les marchés seront bas, et moins quand ils seront hauts.

Vous voyez, c'est simple, efficace et facile. Cela s'appelle la gestion passive (pour ne pas dire de fainéants) !

Quand vendre ?

De même, la règle d'or est de ne vendre que quand vous en avez besoin. Sinon, laissez l'argent investi car cela vous épargnera des frais de courtage inutiles. Un investisseur passif n'est pas un trader actif, inutile de chercher à anticiper les marchés et faire des allers-retours inutiles qui ne feront que donner de l'argent à votre banque.

Peut-on faire mieux qu'un tracker MSCI World ?

Bien sûr, vous trouverez facilement sur Internet ou en discutant autour de vous des gens qui arrivent à surperformer le marché. Mais c'est juste parce que celles et ceux qui sous-performent sont moins bavards sur leurs résultats.

N'oubliez pas que le trading est un jeu à somme nulle (et même à somme négative à cause des frais de courtage important pour les particuliers). De nombreuses études montrent que la gestion passive est la plus performante, une fois les frais de gestion déduits. En résumé, le surplus de performance (s'il existe !) d'une gestion active ne vaut pas le surcoût qu'elle engendre. Nous détaillerons tout cela dans de futurs articles car il y a beaucoup à dire.

Point important et pertinent : c'est vrai qu'un tracker MSCI World ne couvre pas "tout le marché". Même si un panier de plus de 1 650 entreprises est plutôt bien représentatif, il est possible de faire encore plus exhaustif. Cela en vaut-il le coup ? Vaste sujet...

jeudi 7 septembre 2017

Quelle banque choisir pour son PEA ? Et comment l'ouvrir ?

La quasi-totalité des banques traditionnelles (BNP, Crédit Agricole, Société Générale, etc.) et beaucoup de banques en ligne (Fortuneo, Boursorama, BforBank, etc.) vous permettent d'ouvrir un PEA. Comme vous ne pouvez avoir qu'un seul PEA ouvert, ce choix est très important.

Rien de plus facile pour décider : il faut regarder là où les frais sont les moins élevés. En effet, une banque peut vous facturer une multitude de frais sur un PEA : droits de garde, frais de courtage (ou passage d'ordres), frais d'ouverture et de fermeture, frais de transfert, frais d'inactivité, etc.

Et là, le verdict est sans appel : les banques en ligne gagnent haut la main ! De plus, personnellement j'ai testé plusieurs banques traditionnelles (Crédit Agricole et Société Générale) et plusieurs banques en ligne (Fortuneo, BforBank, Binck). Et je trouve que les banques en ligne offre un service d'excellente qualité avec des plateformes de trading très ergonomique, souvent bien meilleur que les banques traditionnels. Quant aux frais de gestion, la différence est flagrante.

Si vous comptez suivre les conseils de ce blog et donc adopter un gestion passive de vos investissements, alors n'importe quelle banque en ligne réputée fera l'affaire (Boursorama, Fortuneo, BforBank, Binck, etc.). Leurs tarifs sont très compétitifs et relativement similaires pour une gestion passive. Nous verrons plus en détails dans de futurs articles quelles sont leurs différences et ce que signifie exactement une "gestion passive".

Sur le graphe suivant, j'ai simulé l'impact que peuvent avoir des frais de gestion de PEA sur la performance globale. Je pars des hypothèses suivantes, en me basant sur des tarifs habituels entre banque traditionnelle et banque en ligne :
  • 30 000 € investis sur 30 ans à un rendement brut annuel de 5 %
  • 1 % vs. 0 % de droit de garde
  • 100 € vs. 50 € de frais de courtage annuels
Comme vous pouvez le constatez, on arrive à une différence de plus de 33 000 € au bout de 30 ans entre ces deux PEA. Le rendement net annualisé passe de 4,7 % à 3,6 % ce qui est loin d'être négligeable. D'où l'importance de regarder les frais de gestion !

Quel impact peuvent avoir les frais de gestion sur votre PEA ?
Pour vous donner une idée, voici un ordre de grandeur des frais de gestion d'un PEA que vous devez exiger :
  • 0 € de droits de garde (très important car c'est indexé sur la valeur de votre PEA qui peut devenir importante)
  • 0 € de frais d'ouverture et de fermeture (idem)
  • 0 € de frais d'inactivité sur un an (en gestion passive, on peut être amené à ne pas passer d'ordre pendant plusieurs mois)
  • Frais de passage d'ordres inférieur à 0,5 % du montant de l'ordre. Nous verrons plus en détails dans un prochain billet comment choisir les meilleurs tarifs de passage d'ordres.

Concernant les démarches pour ouvrir un PEA dans une banque en ligne : rien de plus simple. Il vous faudra remplir un dossier administratif avec les pièces justificatives classiques. La seule contrainte est que vous devrez ouvrir un compte courant mais c'est entièrement gratuit chez les banques en lignes. Il y a parfois des contraintes de revenus minimum mais si vous ouvrez un PEA, c'est que vous avez de l'argent à épargne sur du long terme et donc que vous avez un minimum de revenus ;)

mercredi 6 septembre 2017

Un PEA : c'est quoi ? Pour qui ? Pourquoi ?

Tout le monde a déjà entendu cette phrase : "les actionnaires s'en mettent plein les fouilles". Hey bien sachez que tout le monde peut devenir actionnaire, et cela très facilement ! D'ailleurs, vous l'êtes certainement déjà sans le savoir, à travers vos différents investissements.

Si vous ne devez retenir qu'une chose, c'est qu'un PEA est le meilleur support pour investir votre argent sur des actions d'entreprise. Il est temps de devenir actionnaire pour profiter de tous ces avantages, non ?

 PEA le meilleur moyen de faire fructifier votre épargne

Un PEA, c'est quoi ?

Un PEA ou Plan d'Epargne en Actions est un compte bancaire dans lequel vous pouvez déposer de l'argent pour acheter et vendre des actions. Créé en 1992, son but est d'encourager l'investissement en bourse des particuliers qui est extrêmement faible en France, surtout par méconnaissance du marché actions.

Ses principales caractéristiques (sans entrer dans les détails) :
  • 150 000 € maximum de versements. Bien sûr, aucun plafond si vos actions vous rapportent plus, mais vous ne pourrez plus verser de l'argent sur le compte.
  • Un seul PEA par personne (possibilité d'en ouvrir un pour un couple avec doublement du plafond de versements mais je vous le déconseille car moins flexible en termes de gestion).
  • Une fiscalité très avantageuse : si votre PEA a plus de 5 ans, alors vous ne paierez que les prélèvements sociaux (aujourd'hui à 15,5 %) sur les plus-values. C'est un des gros points forts du PEA.
  • Possibilité d'acheter des actions d'entreprise mais aussi des trackers ou des OPCVM (Organisme de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières). Par contre, impossible d'acheter des produits financiers complexes (options, warrants, etc.) donc apprenti-sorcier trader s'abstenir !
Nous verrons dans de futurs billets en quoi ces caractéristiques font que le PEA (mais aussi son petit frère le PEA-PME) est le support idéal pour investir en bourse.

Un PEA, c'est pour qui ?

Si vous êtes majeur, que vous ne pensiez pas mourir d'ici 10 ans et que vous avez un peu d'épargne à investir (1 000 € suffit très largement pour absorber les frais de courtage), alors c'est le moment d'ouvrir un PEA.

Plus vous investirez tôt, et plus vous bénéficierez de l'effet "boule de neige" de l'investissement. Et vous serez bien content quand dans quelques décennies, vous aurez réussi à doubler, tripler voire plus votre épargne plutôt que de l'avoir laissé dormir dans un livret qui rapporte peu.

Dans le prochain billet, je vous parlerai de comment ouvrir un PEA et surtout avec quelle banque. Vous verrez l'importance de ce choix !

Epargnez aujourd'hui pour être riche demain

Pourquoi un PEA ?

Livret A, LDDS, super livrets, assurance-vie, PEL, PEG ou PEE, Perco, billets sous le matelas... Les possibilités de placer son argent ne manquent pas. Comment se situe le PEA par rapport à ces alternatives ?
  • Livret A ou LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) : c'est vrai que ces livrets sont totalement défiscalisés (même pas de prélèvements sociaux)... Mais leur performance est plutôt faible. Bien souvent au niveau de l'inflation ou un peu plus. Le PEA est un support plus long terme et qui rapporte bien plus, s'il est bien géré (et c'est facile !). Donc gardez votre Livret A et votre LDDS pour garder de la liquidité servant à couvrir vos besoins court terme (1 mois à 3 ans).
  • Super livrets (proposés par les banques) : à éviter tout simplement. Certes, les taux sont attractifs mais malheureusement, la fiscalité est bien trop lourde : prélèvements sociaux plus impôts sur le revenu. Bien souvent, ils rapportent autant voire moins que le Livret A.
  • Assurance-vie : très bon complément du PEA pour diversifier son épargne. En effet, l'assurance-vie permet d'investir sur des fonds en euros, obligataires et immobilier en plus des fonds en actions d'entreprise. La fiscalité est aussi avantageuse si l'argent a passé au moins 8 ans au sein de l'assurance-vie. Enfin, c'est le placement idéal pour une succession pour limiter la taxation. Par contre, vous ne pourrez pas y loger directement des actions d'entreprise (obligé de passer par un fonds et donc des frais de gestion), les frais de gestion sont souvent plus élevés, la fiscalité risque de changer en votre défaveur vu que c'est le placement favori des français (contrairement au PEA) et enfin l'argent doit rester au moins 8 ans pour avoir la meilleure fiscalité (contrairement au PEA où c'est une date d'anniversaire peu importe la date de versements des fonds). Bref, gardez vos assurances-vie car ils sont très complémentaires du PEA.
  • Compte-titres : à éviter sauf si vous vous considérez comme un trader plus doué que les professionnels. L'avantage du compte-titres est qu'on peut y loger des produits financiers complexes et des actions étrangères. Mais la fiscalité y est trop lourde (prélèvements sociaux et impôts sur le revenu) et vous verrez sur ce blog qu'un large panel de produits financiers ne vous garantit aucunement de meilleures performances.
  • PEL (Plan d'Epargne Logement) : c'était un très bon placement par le passé surtout pour un futur achat immobilier mais aujourd'hui, avec son taux révisé à la baisse et les taux d'emprunt immobilier déjà très faibles, il a perdu de son intérêt. Les banques adorent vendre ce genre de produits quand vous commencez à avoir de l'épargne mais je vous le déconseille vu les taux actuels.
  • PEG ou PEE (Plan d'Epargne Groupe ou Entreprise) : indispensable pour toucher l'abondement de votre entreprise (le cas échéant) et placer son intéressement et participation pour éviter de payer l'impôt sur le revenu. Ces avantages sont souvent non négligeables et peuvent représenter des sommes importantes ! Le PEG/PEE bénéficie d'une bonne fiscalité pour l'épargnant, en espérant que cela ne change pas. Enfin, les frais de gestion sont très faibles et souvent vous n'avez pas de frais d'arbitrage, tout est payé par l'employeur. Tout cela fait du PEG/PEE un excellent support d'investissement. Seul bémol : le choix des fonds d'investissement est très (trop) restreint, et donc vous ne pouvez pas vous contenter du PEG/PEE pour investir votre épargne. Vous n'aurez pas accès aux fameux trackers MSCI World par exemple...
  • Perco (Plan d'Epargne Retraite Collectif) : idem que le PEG/PEE. C'est un support auquel vous ne pouvez pas passer à côté si vous souhaitez profiter de tout l'abondement de votre entreprise. Par contre, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite donc beaucoup moins flexible qu'un PEG/PEE. Le choix des fonds d'investissement est souvent plus vaste mais on n'est pas encore au niveau du PEA avec l'achat direct d'actions ou de trackers MSCI World.
  • Billets sous le matelas : euh sérieusement ?! A éviter pour des raisons évidentes :)

Et c'est quoi un PEA-PME ?

C'est le petit frère du PEA ! Plus difficile à gérer car vous ne pourrez acheter que des actions d'entreprises de tailles intermédiaires... Mais nous verrons par la suite tous ses détails et que sa gestion peut rester à la portée de toutes les bourses !

lundi 4 septembre 2017

Bienvenue dans le blog PEA Facile

Faire fructifier son épargne n'est pas réservé qu'aux spécialistes. Nul besoin d'être un expert mathématiques financières ou en gestion de patrimoine pour se faire de l'argent avec les marchés financiers.

L'objectif de ce blog est de vous convaincre d'investir prudemment et sur le long terme en bourse à travers un PEA (Plan d'Epargne en Actions). Pour cela, vous apprendrez ici les bases de l'investissement et du marché des actions

Je ne promets ici aucun rendement gigantesque ni aucune garantie de devenir rentier en moins de 5 ans. Je vous montrerai par contre que votre argent mérite bien mieux que de dormir dans des livrets qui rapportent peu.

Avec un gestion passive dans un PEA, nous pouvons largement surperformer le livret A de plusieurs % par an, sans consacrer plus de 30 minutes par mois à la gestion de l'épargne ! Quant au PEA-PME, cela nécessite une gestion un peu différente mais vous verrez que c'est à la portée de toutes les bourses.

Concrètement, voici la différence si vous placez 30 000 € à 1% et à 5% de rendement annuel, sur une période de 30 ans. Tout le monde n'a pas conscience que dans le premier cas, vous finirez avec à peine 40 000 € contre plus de 120 000 € pour le second cas. En espérant que cela vous motive à mieux faire fructifier votre argent, et le plus tôt possible !

Et vous allez voir, c'est tellement facile de bien gérer son PEA (et aussi son PEA-PME) !

1% vs. 5% de rendement