jeudi 16 novembre 2017

Une pépite éligible au PEA-PME va quitter la Bourse


Connaissez-vous IGE+XAO ? Derrière ce nom horrible se cache en fait une entreprise de taille moyenne qui réalise des logiciels de CAO (Conception Assistée par Ordinateur) et de simulation électrique.

Et il suffit de voir l'évolution de son cours de bourse pour se rendre compte qu'il s'agit bien d'une pépite française. En 20 ans, le prix de son action a été multiplié par 35 !


Malheureusement, cette belle entreprise va quitter les marchés boursiers puisque Schneider Electric vient d'annoncer une OPA (Offre Publique d'Achat) visant à racheter les actions de IGE+XAO pour une valeur totale de 188 millions d'euros.

Dans ce genre d'opérations, les actionnaires sont particulièrement gagnants puisque les OPA se font toujours à un prix supérieur au prix du marché. Et ici, ils sont doublement gagnants car IGE+XAO a toujours connu un parcours boursier exemplaire. Ainsi, les actionnaires historiques vont être encore plus gagnants à l'issue de l'OPA car ils ont eu leurs actions à un prix dérisoire par rapport à aujourd'hui.

Beaucoup d'entreprises éligibles au PEA-PME présentent aussi de grandes qualités comme IGE+XAO. Malheureusement, les performances passées ne sont pas toujours le reflet du futur et seuls les initiés connaissent avec certitude les futures OPA. Les actionnaires historiques de IGE+XAO ont certes touché le jackpot ici, mais cela est aussi dû en partie à la chance. A l'époque, qui pouvait se douter d'un tel parcours boursier avec certitude ?

Est-ce que les petites entreprises sont plus facilement des proies pour les OPA ?

C'est ce qu'on entend souvent mais je ne suis pas totalement convaincu. Structurellement, il est en effet plus facile de racheter une entreprise de taille moyenne. Mais comme il existe aussi un nombre bien plus importants de petites entreprises, il est tout aussi difficile de repérer une future entreprise qui subira une OPA aussi bien parmi les grandes que les petites entreprises. A moins bien sûr d'être un initié, c'est-à-dire d'avoir accès à des informations privilégiées.

mardi 14 novembre 2017

Et si le Bitcoin n'était pas une bulle ?

Cet article est un petit aparté sur le Bitcoin parce que beaucoup d'investisseurs particuliers s'y intéressent et se posent beaucoup de questions, suite au grand bruit fait dans la presse autour de cette technologie.

Attention, mon avis personnel n'est absolument pas une incitation à acheter cette cryptomonnaie. Et si vous souhaitez en savoir plus sur comment fonctionne le Bitcoin et comment l'utiliser, vous trouverez facilement de la documentation complète et pédagogue sur Internet, notamment ce cours très complet.

Et si le Bitcoin n'était pas une bulle ?

Est-ce que le Bitcoin est un bon investissement ? Le cours va-t-il encore grimper ou s'effondrer ? En fait, je n'ai pas vraiment d'avis dessus et je pense que cela relève de la pure voyance d'essayer de deviner ce qui va se passer autour de cette technologie récente, complexe et fascinante.

Par contre, je crois que le consensus actuel de dire qu'il s'agisse d'une bulle offre une vision bien trop simpliste de la situation. Et je pense qu'il est intéressant de se renseigner sur ce phénomène, ne serait-ce que pour mieux appréhender les mécanismes économiques qui se cachent derrière le Bitcoin et aussi d'autres investissements qui ne produisent pas de richesse.

Pourquoi le Bitcoin n'est pas comparable aux autres bulles financières ?

Partout, vous entendrez ou lirez des comparaisons entre le Bitcoin et d'anciennes bulles spéculatives comme la Tulipomanie ou la bulle Internet des années 2000. Je ne partage absolument pas cet avis car toutes ces histoires sont bien trop différentes, portant sur des actifs financiers incomparables et les vraies raisons de l'effondrement de ces bulles n'ont rien à voir entre elles.

La Tulipomanie concernait l'oignon de tulipe qui n'avait, avec le recul, rien de spécial ni de rare. Les raisons qui ont généré cette folie sont multiples et peu documentées, la crise datant du XVIIème siècle. Quant à la bulle Internet, durant les années 1990, de nombreuses nouvelles sociétés avaient émergé et affichaient des niveaux de croissance jamais vus auparavant. Les attentes ont été supérieures à la réalité pour l'époque, mais aujourd'hui les plus grosses capitalisations boursières concernent principalement des valeurs de nouvelles technologies.

Le Bitcoin, lui, joue dans une toute autre catégorie. Il peut être vu comme une monnaie décentralisée et infalsifiable (jusqu'à maintenant) ou alors, et je trouve ce point de vue plus exact, comme une matière première (ou disons plutôt une ressource limitée en quantité) utilisée comme une monnaie d'échange. Au même titre que l'or ou le blé, sauf que le Bitcoin n'est qu'une succession de chiffres et de lettres, qui n'a aucun intérêt physique.

Vous allez me dire que le Bitcoin ne sert à rien. Dans un sens, c'est vrai qu'il ne sert à rien : à quoi bon posséder des lignes incompréhensibles de chiffres et de lettres ? Pourtant, en économie, l'utilité ne fait pas le prix. Les diamants n'ont pas une grande utilité pour la vie humaine. Et pourtant, ils valent bien plus cher que l'eau qui est indispensable.

Mais dans un autre sens, le Bitcoin ne sert pas à rien. En effet, il permet d'être utiliser comme monnaie d'échange contre des biens et des services. Sa quantité étant limitée et fixée à 21 millions (et ceci reste inviolable jusqu'à preuve du contraire), le Bitcoin est aussi structurellement déflationniste (il n'y en aura pas pour tout le monde, bien au contraire !). Il permet donc de se protéger contre l'inflation, au même titre que des valeurs refuges comme l'or. Tant que la technologie du Bitcoin et sa blockchain restera fiable et sécurisée, alors le Bitcoin conservera ces fonctions qui lui donneront une certaine valeur économique. Il s'avère même être la valeur refuge par excellence puisqu'elle est totalement décentralisée (nous pourrions presque dire autonome) et donc, d'une certaine manière, bien plus à l'abri des crises politiques, économiques ou financières.

Quand tout le monde crie à la bulle spéculative...

Comme dirait Warren Buffet, quand tout le monde est méfiant, il faut savoir être avide. Par le passé, les bulles ont toujours été détectées une fois qu'elles avaient éclatées. Et quand on criait à la bulle financière, finalement on loupait le train en marche... Bref, sachez que ce n'est pas parce que tous les médias ou analystes partagent le même point de vue qu'il s'agit forcément de la vérité ou de l'avenir. Bien au contraire souvent...

Dans tous les cas, il faut savoir faire preuve d'objectivité. Il est clair et partagé que le Bitcoin présente de nombreuses faiblesses qui pourraient affecter fortement sa valorisation, notamment :
  • Une faille dans sa mise en oeuvre pourrait rendre totalement obsolète la technologie. Cependant, le Bitcoin repose sur des mécanismes cryptographiques qui sont utilisés dans toutes nos transactions financières, par la NSA, dans la protection de données militaires et industrielles, etc. Si un jour, on parviendrait à briser ces sécurités, ce n'est pas seulement le Bitcoin qui s'effrondrerait mais peut-être le début d'une nouvelle ère pas forcément réjouissante...
  • Des attaques qui ralentiraient les transactions dans le réseau, et qui rendraient les échanges en Bitcoin très laborieux.
  • L'attaque dite des 51 % qui pourrait falsifier la blockchain du Bitcoin. Il y a déjà eu des risques par le passé, et cela pourrait se reproduire même si la communauté est très attentive à ce phénomène.
  • La suprématie d'autres cryptomonnaies, techniquement plus aboutie et plus efficace que le Bitcoin. Par exemple, l'Ethereum apparait comme un challenger important du Bitcoin puisqu'il s'agit d'une généralisation des cryptomonnaies avec un mécanisme plus complet et conçu pour le long terme, sur lesquels on peut adosser des contrats intelligents ouvrant la voie à bien plus de possibilités. Bien entendu, les cryptomonnaies peuvent coexister comme c'est le cas de nombreux actifs financiers similaires. Et le Bitcoin pourrait apparaitre comme l'étalon or des cryptomonnaie, la valeur refuge historique.
  • Les nombreux forks qui interviennent sur la blockchain. Sans entrer dans la technique, ces évolutions ou upgrades de la blockchain sont souvent controversées et même si cela ne fera jamais disparaitre vos Bitcoins, cela risque de créer de la confusion autour de la technologie.
  • Tout simplement la fin de l'effet de mode autour de cette technologie, et que son utilisation reste marginale. Cependant, toute une économie très importante (notamment autour du blanchiment d'argent et des trafics illégaux) se développe à l'aide Bitcoin.

Jusqu'où peut monter le Bitcoin ?

Bien malin ou plutôt bien chanceux sera celui qui saura prédire l'évolution du Bitcoin... Cela dit, on peut avoir émettre quelques raisonnements autour de sa valorisation.

Ce qui est certain, c'est que ça ne montera pas indéfiniment. En effet, la valeur du Bitcoin étant directement liée à ce que les investisseurs sont prêts à mettre dedans, et comme l'argent n'est pas infini à un instant donné (même s'il coule à flots grâce aux banques centrales...).

Un des raisonnements qu'on peut entendre est que la valorisation totale du Bitcoin va s'approcher de celle de l'or, vu que cet actif peut être vu comme une protection contre l'inflation et une valeur refuge. Cet argument a du sens même s'il s'agit d'une grossière simplification. Le graphique ci-dessous compare la valorisation actuelle du Bitcoin (autour des 120 milliards d'euros) par rapport à d'autres.

Comparatif de la valorisation du Bitcoin

Certains diront que ce graphe est un peu biaisé car j'y compare des valorisations très importantes et qui n'ont pas grand chose à voir avec le Bitcoin, mais cela donne un ordre de grandeur relatif. Tous les Bitcoins actuels permettent de racheter Sanofi, une des plus grandes capitalisations boursières du CAC 40. Mais cela reste encore 50 fois inférieur à la valorisation de tout l'or du monde. S'il est vrai que sur les 7 dernières années, le Bitcoin a fait plus que fois 1000 en termes de valorisation, cela devient difficilement imaginable pour les 7 prochaines années. Ou bien cela signifierait que notre paysage financier aura complètement changé.

En résumé

Et la question que vous vous posez depuis le début du billet : est-ce que je possède des Bitcoins ? Oui, en très faible quantité mais absolument pas comme un investissement. Disons plutôt que c'était pour participer à cette aventure/expérience technologique fascinante que je considère comme une des meilleures inventions de ce siècle ! Je les garde pour le plaisir.

Comme tout bon investisseur, je cherche plutôt le rendement continu sur la durée plutôt que de chercher à m'enrichir très rapidement en spéculant de manière risquée ! N'oublions pas que c'est l'objectif essentiel de se blog : vous apprendre à investir facilement en limitant les risques au maximum. Et le Bitcoin n'apparait pas comme l'actif offrant le rapport rendement/risque le plus favorable : il peut rapporter énormément mais pour un risque extrêmement élevé. Ce type de placement ne mérite donc pas d'y consacrer une part importante de son patrimoine, sauf si vous n'avez aucune aversion au risque.

En bref, ne pensez pas trop aux cryptomonnaies, et investissez dans un PEA où les actions d'entreprises sont des actifs bien concrets qui produisent et distribuent de la richesse. Après, si vous souhaitez consacrer une toute petite part de votre épargne dans les cryptomonnaies en espérant que cela fasse fois 1000 dans 10 ans, libre à vous de vous lancer à vos risques et périls...

lundi 13 novembre 2017

Les meilleurs clubs des actionnaires


Peu d'investisseurs particuliers le savent, mais il existe de nombreux avantages à adhérer aux clubs des actionnaires. Les clubs des actionnaires sont des groupes créés par les entreprises cotés pour offrir des avantages à leurs actionnaires et tenter ainsi de les fidéliser. Pour y adhérer, il faut souvent remplir un formulaire et fournir une preuve de détention des actions de l'entreprise. Parfois, il faut aussi détenir les titres au nominatif (voir ci-dessous).

Même je défends le fait que la meilleure stratégie pour investir pour un particulier est l'investissement passif, il peut être intéressant de détenir des actions en direct de certaines entreprises pour profiter de leurs clubs des actionnaires.

Quels sont les meilleurs clubs des actionnaires ?

Pour moi, le meilleur club des actionnaires est celui de la Compagnie des Alpes. Si vous possédez au moins 200 actions (environ 5 200 € à ce jour) au 30 septembre, vous pouvez choisir entre 2 formules : soit 2 jours de forfaits de ski offerts parmi les stations du Groupe, soit 2 entrées parmi les parcs d'attractions du Groupe. C'est un avantage très intéressant puisque cela représente environ 100 € par an, soit presque 2 % de rendement en plus ! Et si jamais vous avez plus de 400 actions, alors vous triplez ces avantages, soit presque 3 % de rendement en plus. Un conseil : lors des crises boursières, faites le plein d'actions Compagnie des Alpes car les prix des parcs d'attraction ou des forfaits de ski, eux, ne baisseront pas.

 

Accor propose aussi un très bon club des actionnaires. La condition est de détenir au moins 50 actions Accor (environ 2 100 € à ce jour). Le principal avantage est que vous devenez ainsi membre Gold et bénéficiez de nombreux avantages : réductions pouvant aller jusqu'à 7 %, accueil prioritaire, traitement VIP, boissons de bienvenue, surclassement selon les disponibilités, etc. Sans ce club des actionnaires, il vous faudra passer plus de 30 nuits par an dans des hôtels Accor pour espérer avoir le statut Gold.

D'autres entreprises offrent aussi des visites gratuites, des réductions sur certains produits ou des offres inédites pour leurs actionnaires comme LVMH, Pernod Ricard, Axa, etc. Mais pour le moment, je n'ai rien trouvé de très différenciant ou de suffisamment intéressant...

Comment avoir une preuve de détention de titres ?

Souvent pour intégrer un club des actionnaires, il vous faudra fournir un justificatif de détention de titres. Pour obtenir un tel document, bien souvent il suffit de contacter sa banque ou son courtier. Chez Fortuneo par exemple, un simple mail à travers la plateforme de contact permet d'obtenir une preuve de détention de titres.

Que signifie détenir des titres au porteur ou au nominatif ?

La plupart du temps, les actionnaires individuels possèdent les titres (ou actions) d'entreprise au porteur, c'est-à-dire que la société ne les connait pas et que seul leur intermédiaire financier (banque ou courtier) sait que son client possède ces titres.

Pour se faire connaitre de la société en tant qu'actionnaire, il faut posséder les titres au nominatif. Il existe 2 types de nominatifs : le nominatif pur ou le nominatif administré.

Pour posséder des actions au nominatif pur, il faut passer directement par la société qui assurera la gestion administrative de vos actions. Posséder des titres au nominatif pur vous permet d'avoir une relation de longue durée et de confiance avec la société, et bien souvent, cela vous offre de nombreux avantages (exemple : Air Liquide avec ces actions gratuites en plus).

Pour le nominatif administré, il faut faire une démarche auprès de sa banque ou de son courtier. Les titres seront toujours inscrits auprès de votre banque mais elle fera la démarche vers la société pour vous faire connaitre en tant qu'actionnaire, et cela peut vous apporter des avantages comme les actions au nominatif pur.

Le principal intérêt de passer au nominatif est de pouvoir accéder à certains avantages qu'offre la société, mais attention, les entreprises n'offrent pas toujours des avantages ! Et ce n'est pas toujours obligatoire pour profiter du club des actionnaires. Donc renseignez-vous avant pour voir si cela vaut le coup, mais bien souvent, détenir au porteur ses actions est largement suffisant.

mercredi 8 novembre 2017

Un livre à lire absolument : L'illusion économique de Bernard Guerrien



L'économie est-elle une science exacte ? Ou même une science tout court ? Si vous avez lu mon billet sur le dernier prix Nobel d'économie ou celui concernant une petite histoire avec morale, vous savez que je doute très fortement qu'il s'agisse d'une science exacte.

Et je ne suis pas le seul à le penser. De nombreux professeurs d'économie (si, si !) pensent la même chose. Bernard Guerrien, professeur d'économie à la Sorbonne, a écrit un excellent bouquin, L'illusion économique, que toute personne intéressée de près ou de loin par l'économie devrait lire.

Il explique comment les croyances et les convictions personnelles sont au coeur des théories économiques. Il met en avant les limites des modèles mathématiques. En résumé, il prouve à quel point il est difficile d'appliquer une démarche scientifique rigoureuse en économie. Pragmatique, facile d'accès et très bien illustré d'exemples concrets, cette oeuvre permet de prendre du recul sur ce que nous pouvons entendre dans les médias et sur les prédictions d'experts ou économistes.

Vous pouvez vous procurer ce livre sur Amazon très simplement. Une lecture parfaite en attendant la prochaine crise économique !

samedi 4 novembre 2017

Sommes-nous à la veille d'une crise boursière ?

Les indices boursiers battent, jour après jour, tous les records à la hausse. Même le CAC 40 est à son plus haut historique, si on inclut les dividendes réinvestis (voir mon billet sur le prix des actions pour comprendre l'impact des dividendes sur les courses de bourse). Et forcément, durant ces périodes fastes, beaucoup parlent d'une crise financière imminente.
Evolution du CAC 40 depuis 20 ans
Evolution de l'indice CAC 40 (dividendes exclus) depuis 20 ans
Sur les 20 dernières années, on peut dire que les bourses européennes ont connu 3 crises majeures : la bulle Interne, les subprimes et la crise de la zone Euro. Durant ces périodes, beaucoup de chanceux ont réussi à acheter des actions à des prix dérisoires. Et aujourd'hui, certaines personnes affirment qu'il est temps de prendre ses bénéfices et de vendre pour éviter la prochaine crise imminente.

Malheureusement, en bourse, rien n'est simple (ça se saurait !). Et espérer deviner quand aura lieu la prochaine crise relève de la pure spéculation. Evidemment, celles et ceux qui crient à la crise prochaine finiront par avoir raison à un moment. Mais c'est comme l'horloge qui ne fonctionne plus : elle continue de donner la bonne heure deux fois par jour.

Désolé de vous décevoir mais je ne sais pas quand aura lieu la prochaine crise. Et je sais encore moins quels seront les indices ou les actifs financiers les plus impactés : l'immobilier, le Bitcoin, les actions, les pays émergents... Par contre, ce qui est sûr c'est qu'il faut continuer à investir progressivement et régulièrement afin de lisser les aléas boursiers et profiter du rendement qu'offrent les actions sur le long terme.

Alors vous pouvez ranger votre boule de cristal et ressortir votre PEA et PEA-PME. L'argent ne dort jamais !

Prédire la prochaine crise relève de la pure voyance

mercredi 1 novembre 2017

Une mauvaise nouvelle pour les épargnants

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, un nouvel amendement va toucher la fiscalité des PEA (Plan Epargne en Actions) et PEE (Plan Epargne Entreprise, parfois appelé PEG dans certaines grandes entreprises). Ce nouveau changement vise à supprimer les taux historiques de prélèvements sociaux.

Une mauvaise nouvelle pour les épargnants

Concrètement, quel sera l'impact pour mes PEA et PEE ?

Pour comprendre cet amendement, il faut savoir que les gains (appelés aussi plus-values ici) générés dans un PEA ou un PEE sont soumis uniquement aux prélévements sociaux. Le taux est aujourd'hui de 15,5 % et il augmentera à 17,2 % au 1er janvier 2018. Exemple : vous avez gagné une plus-value brute de 2 000 €, quand vous fermerez votre PEA cette année, vous ne toucherez que 1 690 € une fois les prélèvements sociaux déduits (ils sont prélevés à la source). Et vous n'aurez pas à payer d'impôts sur les revenus sur ces 1 690 € (c'est le grand avantage des PEA et PEE).

Mais que ce passera-t-il en 2018 ? Faut-il appliquer le taux de 15,5 % sur la plue-value qui a été générée en 2017 ou bien le taux de 17,2 % car la fermeture du PEA aura lieu en 2018 ? Aujourd'hui, nous appliquons le mécanisme des taux historiques : le taux appliqué est celui au moment où la plus-value est générée.

Ce mécanisme est avantageux pour l'épargnant car le taux de prélèvements sociaux n'a fait que croitre depuis qu'il a été mis en place. Pour rappel : en 1996, il était à 0,5 % et en 2004 à 10 % !

Que va-t-il se passer en 2018 ?

Après multiples rebondissements, le gouvernement prévoit finalement de supprimer le mécanisme des taux historiques pour toutes les plus-values générées à partir du 1er janvier 2018. Autrement dit, si un jour les prélèvements sociaux montent à des niveaux très élevés, vous devraient les payer au dernier taux, au moment où vous sortez votre argent de votre PEA ou PEA, peu importe quand a été générée la plus-value.

Seul lot de consolation : le mécanisme des taux historiques perdura pour les gains générés avant 2018. Cela va devenir une véritable usine à gaz pour les banques et courtiers, mais ils commencent à avoir l'habitude...

Bien entendu, tout cela reste pour le moment dans un projet de loi et donc rien n'est encore définitif. Mais la piste choisie par le gouvernement semble être un mauvais signal pour les investisseurs, une fois de plus.
Les investisseurs toujours dans le viseur du gouvernement