26/12/2017

Faut-il et comment se couvrir d'une future baisse des marchés actions dans un PEA ?

Il est possible de se protéger d'une baisse des marchés dans un PEA

Après une année 2017 qui a été largement profitable pour les marchés actions dans le monde, beaucoup s'inquiètent des mois à venir et redoutent une crise financière après de longues années d'accalmie et de hausses. Et certains investisseurs sont tentés par les célèbres trackers dits short proposé par Lyxor éligibles au PEA pour se couvrir d'une future baisse des actions.

Qu'est-ce qu'un tracker short ?

En finance, on parle principalement de 2 positions sur un investissement : long pour ceux qui achètent et pensent que les prix vont monter, et short pour ceux qui vendent (à découvert ou non) et estiment au contraire que les prix vont baisser. On parle de short car généralement c'est une position qu'on ne tient pas sur le long terme, vu que les marchés ont tendance à monter historiquement.

Un tracker short est un actif financier dont le prix va augmenter quand son indice sous-jacent va baisser, et inversement. Par exemple, le tracker LYXOR UCITS ETF SHORT CAC 40 (SHC) - FR0010591362 va augmenter de 2 % si le CAC 40 baisse de 2 % sur une séance. On peut dire qu'il suit son indice avec un coefficient multiplicateur de -1.

Plus fort encore, on peut parier sur la baisse de l'indice avec même un effet de levier "fois 2". Ainsi, quand le CAC 40 baisse de 3 %, alors le tracker LYXOR UCITS ETF CAC 40 DAILY DOUBLE SHORT (BX4) - FR0010411884 monte de 6 % !

Ces deux trackers sont bel et bien éligibles au PEA (mais pas au PEA-PME évidemment). Comment est-ce possible ? Hé bien pour les mêmes raisons que les trackers monde et hors Europe, comme je vous l'avais expliqué dans ce billet sur les produits éligibles PEA. Ces trackers short sont constitués de produits swap qui permettent d'échanger leur performance contre celle recherchée, ici l'opposée de la performance du CAC 40 sur une journée.

Pourquoi est-ce une mauvaise idée d'investir sur des trackers short pour se prémunire d'une baisse des marchés ?

Les raisons sont principalement techniques : tous les trackers qui suivent une indice avec un coefficient différent de 1 (par exemple, -1 pour le SHC ou -2 pour le BX4) subissent ce qu'on appelle l'effet beta-slipping qui fait qu'à long terme, leur valeur ne fait que diminuer.

Evolution du tracker Lyxor Short CAC 40 depuis 2008

Pour l'expliquer, prenons l'exemple concret suivant :
  • Le CAC 40 cote à 5 000 points. Il subit une baisse de 100 points un jour puis une hausse de 100 points le lendemain. Ainsi il se retrouve inchangé après une baisse de 2 % (=100/5000) puis une hausse de 2,04 % (100/4900).
  • De l'autre côté, le tracker SHC va subir une hausse de 2 % puis une baisse de 2,04 %. Soit à peu près une baisse de 0,04 % sur deux jours alors que le CAC 40 aura été stable.
  • Quant au tracker BX4, il va subir une hausse de 4 % puis une baisse de 4,08 %. Soit à peu près une baisse de 0,08 % sur deux jours alors que le CAC 40 aura été stable.
Ainsi, si vous souhaitez vous protéger d'une baisse des marchés actions, le mieux reste encore de liquider une partie de vos actions pour les placer sur des fonds garantis (livrets ou fonds euros d'assurance-vie). Ces trackers spéculatifs sont à réserver à ceux qui veulent jouer à la bourse comme on joue au casino ! Ou si vous êtes persuadés que les marchés vont chuter très durablement...

N'investissez pas en bourse comme certains peuvent jouer au casino !

22/12/2017

Quels fonds choisir dans son assurance-vie pour compléter son PEA ?

Choisir ses fonds pour son assurance-vie n'est pas si difficile

Il n'y a pas besoin d'être un expert en investissement ou en finance pour bien choisir ses fonds pour investir l'argent de son assurance-vie. Le plus dur est de trouver une banque qui propose une large gamme de fonds et surtout très peu de frais de gestion, d'entrée et de sortie de capital.

La plupart des grandes banques en ligne (Fortuneo, Boursorama, BforBank, Monabanq, ING Direct) propose des contrats d'assurance-vie très compétitifs. Je ne peux que vous recommander ces banques qui offrent un niveau de service très bon, des frais extrêmement réduits et un large choix pour vos investissements.

Personnellement, mon assurance-vie est chez Fortuneo et j'en suis très satisfait. N'hésitez pas d'ailleurs à utiliser l'offre de parrainage pour bénéficier de 80 euros à l'ouverture de votre compte en utilisant mon code parrain Fortuneo 12644522 au moment de votre inscription.

Comment bien répartir son épargne dans son assurance-vie ?

Partisan d'un gestion passive de type simple is the best, je vous conseille de diversifier vos placements de la manière suivante, qui est une règle facile à gérer et très efficace :
  • 25 % en fonds euros : le capital est garanti et vous offre un rendement généralement meilleur que les livrets habituels.
  • 25 % en SCPI ou SCI : cela va vous exposer au marché immobilier, avec un rendement régulier, sans les tracas d'être propriétaire en direct d'un bien.
  • 25 % en obligations : ces prêts long terme vous offre un rendement moyen pour une prise de risque modéré.
  • 25 % en actions : il est préférable, comme dans un PEA, de privilégier les fonds ETF qui suivent un indice mondial large comme le MSCI World, pour avoir le minimum de frais de gestion.
Cette répartition simple pour verser vos fonds vous garantit d'être exposer à différents actifs et profils de risques. Bien sûr, en fonction de l'évolution de chaque fonds, la répartition va être différente au fil du temps, mais vous pouvez programmer vos versements réguliers selon cette répartition.

N'oubliez pas, comme expliqué dans un précédent billet, pour la plupart des contrats d'assurance-vie, il n'y a pas de talons minimum de frais et donc vous pouvez faire des versements de sommes relativement faibles (50 euros par exemple) mais de manière plus régulière.

Quels sont les meilleurs fonds suivant cette répartition ?

Parmi le large panel de fonds proposés par Fortuneo, j'ai choisi les suivants en faisant des versements réguliers tous les mois, répartis à 25 % sur chaque fonds :
  • FDS EUROS SURAVENIR OPPORTUNITES - SUR000001699 : c'est le fonds euros par excellence de Fortuneo. En 2016, il a rapporté 3,1 %, ce qui en fait un des meilleurs fonds sur le marché. Il faudra attendre début 2018 pour connaitre sa performance sur 2017.
  • SCI PRIMONIAL CAPIMMO - QS0002005277 : cette SCI gère de nombreux biens immobiliers d'entreprises, et a offert un rendement entre 4 et 5 % ces dernières années. Son actif net s'élève à plus de 2 milliards d'euros, ce qui en fait un placement immobilier solide.
  • H2O MULTIBONDS R - FR0010923375 : ce fonds a longuement brillé par ses excellentes performances en étant principalement axé sur des obligations. Bien sûr, les performances passées ne préjugent pas de l'avenir mais cela reste un excellent fonds bien géré pour s'exposer au marché des obligations.
  • LYXOR ETF MSCI WORLD D EUR - FR0010315770 : c'est le fonds ETF par excellence de Lyxor qui suit l'indice MSCI World. C'est la version non éligible du PEA mais qui performe tout comme celle éligible au PEA. C'est la meilleure manière d'investir facilement et simplement sur les marchés actions.
Bien sûr, pour limiter les risques et augmenter la diversification de votre portefeuille, vous pouvez ajouter encore d'autres fonds dans votre assurance-vie. Je vous en présenterai d'autres dans de futurs billets. Mais ces fonds sont déjà très diversifiés sur des centaines voire milliers d'actifs différents.
Enfin, je vous invite aussi à relire mon billet qui explique pourquoi l'assurance-vie est un excellent complément au PEA et PEA-PME. Bon investissement et longue vie à votre épargne !

Une assurance-vie dynamique pour toutes les bourses, rien de plus facile !

20/12/2017

L'assurance-vie, un excellent complément au PEA

L'assurance-vie est complémentaire du PEA

Il n'y a pas que le PEA ou le PEA-PME pour investir son épargne. Bien que les actions soient le meilleur actif sur le long terme, il est bien risqué de n'utiliser que les actions pour investir. En effet, les périodes de crises boursières peuvent durer de longues années et donc limiter grandement vos capacités à utiliser votre épargne. De plus, tout comme il faut diversifier ses placements en actions, il faut aussi diversifier ses supports de placements pour mieux faire face aux futurs aléas imprévisibles (fiscalité, crises boursières ou autres événements inattendus).

Le principal intérêt de l'assurance-vie est de vous permettre de diversifier vos placements sur des actifs peu corrélés au marché actions, qui vont vous offrir un autre type de rendement et vous donnera plus de flexibilité pour l'utilisation de votre épargne.

On peut notamment investir à travers une assurance-vie dans des :
  • Obligations : ce sont des prêts moyen et long terme dont le débiteur (Etat ou entreprise) peut avoir une situation financière plus ou moins bonne. Plus l'obligation est risquée (c'est-à-dire que vous ne soyez pas payé), plus son rendement est élevé.
  • Produits monétaires : ce sont des prêts court terme, plutôt très sûr mais avec un rendement très faible, surtout en ce moment en période dit de taux bas.
  • SCPI ou SCI : Sociétés Civiles de Placement Immobilier, c'est un fonds qui gère des biens immobiliers et qui vous redistribuent un rendement régulier grâce aux loyers payés par les locataires. Attention, il existe quelques différences entre les SCPI et SCI que je ne détaillerai pas ici.
  • Fonds en euros : derrière ce terme mal choisi se cache des fonds garantis par votre assureur (la banque vous proposant l'assurance-vie) avec un rendement minimum connu à l'avance. Actuellement, les taux de rendement des fonds en euros se situent aux alentours des 2,5 % bruts par an.
Bien sûr, vous pouvez aussi investir dans des actions du monde entier à travers une assurance-vie. Sachez aussi que l'assurance-vie présente des avantages non négligeables par rapport à un PEA ou PEA-PME :
  • Pas de limite de versements, ce qui est très pratique pour celles et ceux qui ont atteint le plafond de leurs PEA.
  • L'assurance-vie est exonéré de droits de succession (en cas de décès) à hauteur de 152 500 euros. C'est d'ailleurs le principal avantage selon moi.
  • Possibilité d'avoir plusieurs contrats d'assurance-vie, même si je trouve que cela n'a pas trop d'intérêt, si vous avez une banque dont les frais de gestion sont très faibles et qui vous propose un large choix de placements.
  • Dans la plupart des assurances-vie des banques en ligne, vous pouvez investir progressivement par petite somme (50 ou 100 euros) sans payer un talon minimum de frais d'entrée, contrairement aux frais de courtage des PEA. Ainsi, vous pouvez beaucoup plus facilement épargner progressivement sans attendre d'avoir plusieurs milliers d'euros à placer.
Par contre, l'inconvénient de l'assurance-vie est que vous êtes obligés de passer par des fonds gérés donc vous allez devoir payer un minimum de frais de gestion. Vous ne pouvez pas détenir, par exemple, des actions d'entreprise en direct à travers une assurance-vie.

Et la fiscalité dans tout ça ?

Il faut toujours penser à la fiscalité de ses investissements. En effet, en France, cela peut vous réduire de la moitié voire les trois quarts de votre rendement brut ! Comme pour le PEA, la fiscalité est allégée pour l'assurance-vie mais les règles de calcul sont différentes. Sans entrer dans tous les détails et subtilités (la fiscalité étant en constante évolution malheureusement autour de ce produit...), voici les principales caractéristiques fiscales à connaitre :
  • Il faut attendre que l'argent placé soit resté 8 ans dans l'assurance-vie pour bénéficier de la meilleure fiscalité. Attention, dans un PEA, c'est plus facile d'atteindre l'âge des 5 ans car seule la date d'ouverture du plan compte. Ici dans une assurance-vie, il faut que l'argent soit resté 8 ans.
  • Passé 8 ans, les plus-values des fonds retirés sont soumis à un prélèvement forfaitaire de 7,5 % plus les prélèvements sociaux (17,2 % en 2018), après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, le double si un couple.
Au final, la fiscalité sur les plus-values est un peu plus sévère que dans un PEA ou PEA-PME, mais elle reste très douce par rapport aux autres placements où généralement, vous avez à payer l'impôt sur les revenus.

Je vous conseille donc fortement d'ouvrir dès que possible une assurance-vie et de programmer des versements réguliers (tous les mois ou tous les trimestres) pour vous constituer petit à petit votre épargne qui va fructifier dans le temps, grâce à la magie des intérêts composés (les intérêts produisent des intérêts qui produisent eux-mêmes des intérêts, etc.).

Dans un prochain billet, je vous montrerai quels fonds concrètement vous pouvez acheter dans une assurance-vie pour faire fructifier facilement votre épargne, avec un minimum de gestion.

N'attendez pas pour alimenter votre assurance-vie !

14/12/2017

L'illusion de pouvoir faire mieux que le marché

Seule la chance permet de faire mieux que le marché

C'est une croyance ancrée chez beaucoup de gens, celle de croire qu'on peut battre le marché actions en sélectionnant minutieusement les bonnes entreprises, en analysant des comptes de résultats ou des graphiques, en lisant la presse financière, en écoutant les meilleurs investisseurs...

Malheureusement, les études scientifiques sur le long terme sont catégoriques : pour gagner contre le marché (c'est-à-dire offrir un meilleur rendement sur le long terme), il faut soit avoir de la chance (statistiquement, cela arrive à beaucoup de personnes), soit avoir des informations priviligiées d'initiées (inaccessible pour la plupart des gens).

Quant au trading (action d'acheter et de vendre des actifs sur une fenêtre de temps réduire pour espérer faire gagner sur le long terme), c'est mathématiquement un jeu à somme nulle. En effet, les gains des uns se font sur les pertes des autres. Beaucoup de particuliers y dépensent énormément tout comme on dépense son argent au casino en espérant pouvoir gagner contre le hasard.

Vous n'y croyez pas ? Alors je vous invite à comparer votre performance boursière sur plus de 20 ans par rapport à ce qu'à fait le S&P 500 ou le MSCI World, dividendes inclus évidemment. Et vous verrez, hormis la chance que certains peuvent avoir eu à acheter et garder des pépites boursières, il est très rare de voir des portefeuilles avec un rendement annuel de 8 % net de frais.

Quelles sont ces études qui montrent qu'il est vain de vouloir battre le marché ?

Une étude de 2013 de la Cass Business School (mais déjà réalisée par le passé de nombreuses fois) montre que choisir aléatoirement ses actions dans un indice boursier est aussi efficace que demander à des spécialistes de choisir les meilleures actions. C'est le fameux test du singe contre l'investisseur.

La littérature scientifique est aussi très riche sur l'efficience des marchés, basée sur des historiques concrets et des performances réelles de fonds. Tout comme sur l'investissement passif et sa supériorité sur l'investissement actif. Je vous invite à utiliser notre ami Google Scholar pour les retrouver avec les mots clés lazy investors ou beat the market. Sinon, des articles plus grand public sont disponibles ici et .

De nombreuses analyses disponibles grâce aux historiques sur Internet montrent qu'à peine 5 % des fonds gérés activement battent leurs indices de référence, une fois les frais de gestion déduis et en incluant les dividendes sur les indices. Le blog Epargnant 3.0 en a fait une synthèse intéressante. Je vous invite aussi à consulter la bibliographie de ce blog qui est très fourni en études et livres expliquant qu'il est vain de chercher à faire mieux que le marché.

Engene Fama (prix Nobel d'économie en 2013) a aussi publié de nombreuses recherches qui montrent que face à des marchés presque efficients, seul le hasard avec la chance permet de faire mieux que les indices boursiers.

Enfin, aucune étude scientifique qui fasse consensus n'a montré la supériorité d'une gestion active, c'est-à-dire celle de sélectionner des actions au profit d'autres, sur des critères spécifiques. Tout comme il n'existe aucune étude sur une soi-disante méthode miracle pour faire significativement mieux que le marché actions à coup sûr.

Il n'y a rien de surprenant à cela dans le sens où de nos jours, avec la réglementation en cours, les technologie de l'information et les nouvelles technologies, les marchés sont de plus en plus efficients. Ainsi, une entreprise ayant des perspectives très bonnes aura forcément une action bien valorisée. A l'inverse, une action mal valorisée est signe que l'entreprise va mal et qu'il est très risqué d'y investir son argent.

De plus, si vous êtes convaincu qu'une action va fortement augmenter dans les mois et années à venir, demandez-vous pourquoi êtes-vous le seul à le penser ? Et si vous dites que vous n'êtes pas le seul à le penser, demandez-vous pourquoi l'action n'a pas déjà augmenté avant de l'avoir acheté ? Qu'est-ce qui vous fait dire que vous êtes en avance sur les autres investisseurs ?

Il y a bien souvent dans les investissements beaucoup de conviction personnelle et de croyance soumise au biais de confirmation...

Mais alors pourquoi certains continuent de croire qu'ils peuvent battre le marché ?

Plusieurs raisons et biais cognitifs expliquent que certains restent persuadés de pouvoir faire mieux que le marché. La première est que nous avons tendance à sur-estimer nos capacités intellectuelles, et sous-estimer celles des autres. Pourtant, en finance, vous vous mesurez aux investisseurs les mieux renseignés et aux programmes informatiques les plus réactifs. Plus globalement, sur le marché actions, vous êtes face à l'intelligence collective (reflétée par les cours des actions) des meilleurs investisseurs de la planète !

Deuxièmement, le biais de confirmation nous incite à croire que nous faisons les bons choix mais nous oublions trop vite nos erreurs, et nous nous remettons hélas trop peu en cause.

Enfin, il existe tout un écosystème qui cherche à nous vendre des conseils financiers dans les médias, la presse, les banques, les sites internet, etc. Celui-ci n'est pas prêt de mourir tant qu'il y aura des personnes suffisamment peu renseignées pour y croire.

De toute façon, statistiquement, il y aura toujours des gagnants qui battront le marché par la chance et donc, cela continuera à alimenter cette illusion. Pour illustrer ce phénomène, je vous invite à relire cette histoire que j'ai inventée dans un billet précédent.

Et si vous avez réussi à battre le marché sur le long terme, alors estimez-vous heureux car vous êtes chanceux !

Battre le marché, un coup de chance !

09/12/2017

Quels sont les inconvénients à investir uniquement dans des trackers MSCI World ?

Avantages et inconvénients des trackers MSCI World

Si on regarde leur historique sur le long terme, les trackers MSCI World offrent un rendement de 6 à 8 % net de frais et d'inflation par an. Ils permettent de diversifier facilement vos investissements et ne vous demandent quasiment aucune gestion particulière, avec un risque très faible.

Mais faut-il n'avoir que des trackers MSCI World dans son portefeuille ? Pas forcément...

Les petites capitalisations sont sous-représentées

C'est un des gros défauts de l'indice MSCI World : par définition, il ne tient compte que des 1 600 plus grosses capitalisations boursières. Et donc les petites et moyennes entreprises sont sous-représentées voire quasi-inexistantes dans l'indice. Bien que plus volatiles et risquées, ces actions de petites entreprises offrent bien souvent un meilleur rendement sur le long terme : c'est la contre-partie du risque supplémentaire.

Pour ajouter un peu de risque et du rendement à votre portefeuille, sans se prendre la tête à analyser des entreprises ou faire de la gestion active, il existe de nombreux trackers pour investir sur des petites et moyennes capitalisations. Voici une liste non-exhaustive des meilleurs trackers éligibles PEA :
  • AMUNDI ETF RUSSELL 2000 UCITS ETF EUR (RS2K) - FR0011636190 : idéal pour profiter de l'économie dynamique des Etats-Unis, le Russel 2000 étant l'indice phare des 2 000 entreprises de taille intermédiaire
  • AMUNDI ETF EURO STOXX SMALL CAP UCITS ETF (ESM) - FR0010900076 : tracker qui suit l'indice Euro Stoxx Small, pour se diversifier en Europe
  • AMUNDI ETF EUR MID (CEM) - FR0010612218 : pour suivre l'indice MSCI Euro Mid Cap, relativement proche du précédent
  • LYXOR ETF CAC MID (CACM) - FR0011041334 : pour suivre l'indice CAC Mid 60 qui suit les 60 plus petites capitalisations boursières du SBF 120 (120 plus grosse capitalisations d'entreprises françaises)
  • LYXOR ETF PEAPME (PEAP) - FR0011770775 : tracker éligible aussi au PEA-PME investi sur 40 entreprises de petite taille, plus risqué notamment à cause de sa forte exposition aux secteurs des biotechnologies et informatique

Quelle part allouer aux petites entreprises dans mon PEA ?

Tout dépend si vous souhaitez avoir un PEA-PME en complément de votre PEA. Si c'est le cas, alors je vous conseille de ne pas vous exposer à plus de 10 % sur les petites et moyennes capitalisations dans votre PEA puisque cela sera votre PEA-PME qui va fortement vous y exposer.

Par contre, si vous n'avez qu'un PEA alors il peut être intéressant d'avoir 15 à 20 % de son portefeuille sur des entreprises de taille moyenne. De plus, pendant les périodes de crise, ce sont souvent les actions de petites capitalisations qui se font massacrer car leur risque de faillite est bien plus élevé. C'est très intéressant lors de ces périodes troubles d'investir dans ces trackers.

Et les pays émergents ? 

Vous l'aurez deviné, l'autre inconvénient de l'indice MSCI World est qu'il n'inclut quasiment pas les pays émergents. Exactement comme les petites capitalisations, vous pouvez contre-balancer cet effet en achetant des trackers éligibles PEA exposés sur les pays émergents.

Les principaux sont :
  • AMUNDI ETF MSCI EMERGING MARKETS UCITS ETF EUR (AEEM) - FR0010959676
  • LYXOR UCITS ETF PEA MSCI EMERGING MARKETS C-EUR (PLEM) - FR0011440478
Sachez que les économies de ces pays sont en construction et qu'il y a donc un risque plus élevé. Mais tout comme les petites capitalisations, elles peuvent apporter un surplus de rendement.

Ainsi, n'oubliez pas que même si le MSCI World est un des indices les plus diversifiés, vous pouvez encore diversifier votre portefeuille avec un peu d'entreprises de taille moyenne et des pays émergents.

Restera ensuite à diversifier vos investissements par d'autres produits financiers que les actions comme les obligations et les SCPI. Cela fera l'objet d'un autre billet.

07/12/2017

Quelques idées cadeaux pour un investisseur, boursicoteur ou trader débutant

Noël pour un trader

Noël approche à grand pas, et vous souhaitez offrir un cadeau original à un(e) proche, trader débutant qui démarre dans l'investissement boursier ? Voici quelques idées originales qui devrait lui plaire.

La bande dessinée Economix

La bande dessinée Economix est un indémodable, aussi drôle que pertinent. Un cadeau qui fera forcément plaisir à tout passionné(e) d'économie, de finance et de bourse.

Boutons de manchettes pour trader

Des boutons de manchettes spécial finance : acheter bas pour vendre haut, à chaque poignet pour ne plus oublier cet adage boursier.

Rouleau de papier toilette pour trader

Du PQ imprimé en billets de 500 euros ! Un peu provocateur mais très drôle pour souhaiter à un proche qu'il soit si riche pour qu'il puisse s'essuyer avec de vrais billets.

Coffret de films pour trader

Un coffret de films spécial pour traders avec Le Loup de Wall Street, Margin Call et The Big Short, 3 divertissements sympathiques autour du monde de la finance avec chacun son propre style.

Le livre de référence Epargnant 3.0

Le livre de référence pour l'investisseur passif : complet, facile à lire et très utile pour démarrer en bourse et apprendre à bien investir son épargne.

L'illusion économique de Bernard Guerrien

Je vous avais déjà parlé de ce livre dans un précédent billet. Très intéressant et à connaitre absolument pour prendre un peu de recul sur l'économie et la bourse, un classique à lire.

Bitcoin, la célèbre cryptomonnaie

Et pourquoi pas une fraction de Bitcoin ou d'Ethereum ou d'un autre cryptomonnaie ? C'était clairement l'actif tendance qui a fait l'actualité en 2017, et qui risque fort de faire pareil en 2018. Pour offrir quelques euros en Bitcoin, il vous suffit d'ouvrir un compte sur Coinbase ou tout autre plateforme, puis de virer la cryptomonnaie sur une adresse publique dont vous donnerez la clé privé à votre proche.

Si vous avez d'autres idées originales, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires

04/12/2017

Que faire pendant une forte chute des marchés actions ?

Krach de 1987

Quand les marchés montent, tout le monde est à l'aise dans sa gestion de portefeuilles, sans aucun doute. Par contre, quand survient une crise et que les marchés chutent durablement, beaucoup d'investisseurs paniquent et ne savent pas comment réagir.

Les hausses et les baisses des marchés font partie malheureusement de la vie de tout investisseur. On pourrait même dire qu'on n'a pas d'expérience en investissement si on n'a jamais connu une crise financière. C'est le principal inconvénient des placements boursiers : les périodes de crise peuvent durer plusieurs années et vous empêcher de retirer votre argent pendant ce temps car la valorisation de votre investissement sera bien trop bas.

La pyschologie de l'investisseur particulier

Le réflexe qu'ont souvent les particuliers est de vendre quand les médias sont alarmistes, une fois que les marchés ont lourdement chuté. C'est malheureusement bien souvent la pire des solutions, et le meilleur moyen pour vendre au plus bas après avoir acheté au plus haut.

Le graphique suivant illustre parfaitement la psychologie de l'investisseur débutant.

Psychologie de l'investisseur débutant

Il est important de garder à l'esprit que l'investissement sur les marchés financiers est un placement à long terme, et donc il est fort probable que vous allez devoir traverser des périodes de crises. Comme il est impossible de déterminer le point bas des marchés, il est toujours conseillé d'investir progressivement et de manière étalée dans le temps pour lisser les variations du marché.

De plus, il est toujours préférable de garder une partie de son portefeuille liquide pour profiter des périodes de crises qui n'arrivent pas souvent mais qui offrent d'excellentes opportunités pour booster les performances de vos investissements. Il est préférable de sacrifier environ 5 à 10 % de son portefeuille en liquidités (donc à rendement nul) pour l'utiliser au moment où la crise bat son plein et que les médias en parlent ouvertement, et ainsi espérer un rendement bien plus important.

En fait, l'histoire montre que n'investir que pendant les périodes de crises pour revendre deux à quatre ans plus tard, et rester tout le temps liquide autrement, s'avère être une stratégie très rentable, bien plus efficace que le marché ! Bien entendu, personne n'est capable d'avoir un si bon timing sauf par pur hasard. Mais cela montre que de l'argent qui dort pendant de longues années peut rapidement rattraper son retard s'il est investi intelligemment.

En résumé, si en 2018 une grosse secousse balaie les marchés financiers (comme le prédisent chaque année certains gourous de la finance...), n'oubliez pas :
  • Votre investissement est un placement long terme. Soyez patient et ne vendez pas dans la panique !
  • Continuez à investir progressivement dans le temps, vous profiterez ainsi des prix cassés du moment.
  • Gardez toujours une partie (5 à 10 %) de votre portefeuille en liquidités pour investir au moment où la crise bat son plein pendant que les médias sont alarmistes.
  • N'oubliez pas la citation de Warren Buffet : soyez craintifs quand les autres sont avides, soyez avides quand les autres sont craintifs.

01/12/2017

Quel est l'impact des frais de gestion sur vos investissements ?

Frais annuels moyens par type de fonds d'investissement

Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi si peu de particuliers s'intéressaient aux frais de gestion des SICAV (Société d'Investissement à CApital Variable) et autres FCP (Fonds Commun de Placements). Peut-être par méconnaissance des règles de bases en matière de mathématiques ?

En effet, comme l'a montré l'excellent site La Finance pour tous dans une infographie, l'impact des frais peut vite devenir considérable sur votre investissement. Plusieurs types de frais existent : frais d'entrée (au moment de l'achat), frais de gestion (payés chaque année), frais d'arbitrage (à chaque mouvement financier au sein de votre assurance-vie) et frais de sortie (au moment de la vente de vos fonds). En effet, si on prend l'exemple d'une assurance-vie dans une banque classique où vous sous-traitez la gestion de votre investissement à votre banque, plus de 56 % des gains générés par votre épargne sont généralement absorbés par les frais de gestion ! Si on ajoute à cela les impôts, finalement votre gain risque d'avoisiner celui du livret A totalement défiscalisé !

Exemple de l'impact des frais sur 10 ans d'épargne

D'où l'importance cruciale de regarder les frais de gestion associés aux produits que vous achetez. Gardez bien en tête que les intérêts produisent des intérêts, et ainsi de suite : c'est l'effet boule neige des intérêts composés ! Perdre 2% de rendement en frais divers devient considérable sur plus de 20 ans : en effet, cela représentera environ la moitié du capital investi !

Ainsi, privilégiez les fonds à faible frais de transaction et pour cela les trackers font référence. De plus, ne laissez pas un gérant ou votre banque gérer vos investissements. Comme je le montre dans ce blog, l'investissement passif est une méthode efficace et éprouvée, appuyée par des études scientifiques sur le long terme, et accessible à tout le monde de nos jours.

Soyez toujours attentifs aux frais de gestion