30/05/2018

Ne pas négliger la répartition entre actions, obligations, immobilier et fonds en euros

Pourquoi passer tant de temps à choisir ses actions et négliger le reste ?

La majorité des particuliers qui boursicotent passent souvent énormément de temps à choisir leurs actions et leurs trackers. Ils recherchent sans cesse à optimiser leurs portefeuilles dans leurs PEA et comptes-titres en fonction de nombreux critères (géographique, sectoriel, valorisation, analyses graphiques etc.), au gré des actualités.

Cependant, ces mêmes investisseurs particuliers oublient bien trop souvent de réfléchir à la répartition de leurs types de placements. En effet, il n’y a pas que les actions d’entreprise pour faire fructifier son épargne. Certains diront que les actions offrent le meilleur rendement sur le long terme, et qu’il faut se concentrer dessus. Si c’est vrai sur le long terme, encore faut-il définir un ordre de grandeur pour le long terme.

En effet, votre épargne n’est pas toujours destinée à être utilisée au bout de 20 à 30 ans. Vous aurez souvent envie d’en profiter avant. Et pour ne pas finir piégé dans une crise boursière qui peut durer plusieurs années, diversifier ses placements est indispensable. Vous diminuerez ainsi les risques et la volatilité de vos investissements.

Les différents types de placements

Les principaux placements accessibles aux particuliers sont les suivants. Les rendements bruts annuels sont donnés à titre indicatif, gardez en tête qu’ils sont très variables et dépendent de nombreux facteurs (comme les taux directeurs des banques centrales).
  • Les actions d’entreprise qui offrent un très bon rendement sur plus de 10 ans si vous diversifiez suffisamment. Mais c’est aussi le placement le plus risqué dans le sens où s’il y a une crise financière, vous pouvez devoir attendre plusieurs années avant de retrouver une bonne rentabilité de votre investissement.
    • Rendement brut annuel : entre 5 et 10 %
  • Les obligations qui sont des prêts moyens et longs terme à des Etats ou des entreprises. Ils sont moins risqués et offrent un bon rendement régulier. Vous pouvez viser entre 3 et 6 % de rendement brut annuel.
    • Rendement brut annuel : entre 2 et 6 %
  • L’immobilier à travers des parts dans des SCI ou SCPI. Vous pouvez aussi acheter directement des biens immobiliers pour les louer mais cela demande du temps et de l’argent pour sa gestion et optimiser la fiscalité associée.
    • Rendement brut annuel : entre 4 et 8 %
  • Les fonds en euros sont des fonds garantis et proposés par les assurances-vie uniquement. Ils offrent le meilleur rendement pour un placement sans risque. Ils sont investis dans différents placements mais en majorité des prêts court termes à des entreprises ou des obligations d’Etat.
    • Rendement brut annuel : entre 1 et 3 %
  • Le monétaire qui correspond aux prêts court terme quasiment sans risque. Je vous les déconseille car ils ne rapportent quasiment plus rien. Je vous ai déjà expliqué pourquoi il est inutile d'investir dans le monétaire de nos jours.
    • Rendement brut annuel : entre 0 et 1 %
Il existe aussi d’autres placements plus exotiques (matière première, vins, arts, objets de collection, Bitcoin, Ethereum…) mais personnellement, je pense qu’ils sont encore trop spéculatifs et absolument pas indispensables à la bonne gestion de votre épargne.

Comment diversifier ses placements à moindre frais ?

Comme je vous en ai parlé dans mon billet sur les différents supports d’investissements, les PEA, PEA-PME, assurance-vie et l’épargne salariale sont, selon moi, largement suffisants pour investir et valoriser votre épargne. On peut même n’utiliser que ces supports pour se constituer une épargne suffisante pour devenir rentier.

Pour vous exposer aux performances du marché actions, vous pouvez utiliser le PEA, PEA-PME, l'épargne salariale et l’assurance-vie. Pour l’assurance-vie, vous ne pourrez pas avoir des actions en direct mais vous pouvez acheter des trackers ou des fonds actions. Privilégiez les trackers pour réduire les frais de gestion. Pour l'épargne salariale, il est très intéressant d'investir quand vous pouvez bénéficier d'abondement par votre entreprise.

Pour investir sur des obligations, vous devrez passer par votre assurance-vie ou votre épargne salariale. Pour choisir les fonds les plus intéressants, il faut viser les frais de gestion les plus faibles possible et une diversification internationale des obligations.

Pour placer votre argent dans l’immobilier, vous pouvez acheter un bien et le louer mais cela demande du temps et de l’argent. Ou alors, plus simplement, vous pouvez acheter des parts de SCPI ou SCI via votre assurance-vie. Les fonds proposés vont dépendre de votre assureur ou banque. Pour réduire les risques, je vous conseille de prendre des fonds proposant de l’immobilier pour entreprises et particuliers.

Pour les fonds en euros, vous n’aurez pas d’autres choix que les assurances-vie. La performance du fonds dépendra de la banque ou assureur choisi. Personnellement, j’ai Fortuneo qui est réputé pour des fonds en euros très performants. Chaque année, il y a un classement pour les fonds en euros.

Quelle répartition choisir entre ces différents types de risques ?

Cela dépendra de votre style de gestion et surtout de votre horizon de placement. Si vous souhaitez utiliser votre épargne dans les 5 prochaines années, alors il faudra mettre plus de 60 % sur des supports moins risqués comme les obligations et les fonds en euros. Entre 5 et 15 ans, vous pouvez répartir équitablement entre actions, obligations, immobilier et fonds en euros. Enfin, au-delà de 15 ans, je vous conseille de mettre plus de 60 % en actions et immobilier.

Bien sûr, il s'agit là d'une règle simple à titre indicatif que vous pouvez moduler selon vos préférences personnelles, et votre situation financière particulière.

22/05/2018

Attention aux fonds monétaires éligibles au PEA qui sont sûrs et sans risque

Les fonds monétaires éligibles au PEA : la fausse bonne idée

Peu d’épargnants le savent, mais il est possible d’acheter des fonds monétaires au sein de son PEA (mais pas dans un PEA-PME). Un fonds monétaire est principalement composé de prêts court terme à des Etats ou des entreprises. Pour être éligible au PEA, ces fonds utilisent des contrats swap comme évoqué dans ce précédent billet. Le marché monétaire est essentiel pour assurer la trésorerie des acteurs financiers, et ces prêts court terme sont quasiment sans risque.

Certains épargnants particuliers pensent que ces fonds sont intéressants pour sécuriser ses placements, quand le marché actions est sur une tendance baissière ou subit des aléas trop importants. Cependant, à cause des taux d’intérêt maintenus historiquement bas par les principales banques centrales, le rendement de ces fonds monétaire est ridiculement faible. Pire encore, avec les frais de gestion et les frais de passage d’ordres, le rendement peut s’avérer même négatif ! Autant donc laisser vos liquidités non investies dans votre PEA plutôt que d’acheter ces fonds.

Exemple de rendement négatif pour un placement sans risque

Il existe plusieurs fonds monétaires éligibles au PEA dont le plus célèbre est AMUNDI SERENITE PEA (FR0010173237). Si vous regardez en détails les performances, vous serez surpris car elle peut être négative. Ainsi, sur 2018, AMUNDI SERENITE PEA a un rendement négatif de -0,37% ! En fait, il est bien précisé sur le prospectus que si les frais de gestion sont supérieurs au taux de référence Eonia alors le fonds perdra structurellement de sa valeur même s’il est considéré comme sans risque. Pour information, le taux Eonia (Euro Overnight Index Average), représente en quelque sorte le taux moyen des prêts allant de quelques jours à un an maximum.

Imaginons maintenant que vous trouviez un fonds sans risque avec un taux annuel de 0,75% (comme le Livret A). Vous pensez faire une bonne affaire ? Détrompez-vous car il faut aussi compter les frais de passage d’ordre. Si vous payez 4 euros pour un ordre de 1000 euros (tarif plutôt réaliste), alors le fait d’acheter et de vendre ce fonds vous coûtera 0,8 % de frais, soit plus que son rendement !

En conclusion, les fonds monétaires sûrs et sans risque éligible au PEA ne sont absolument pas une bonne affaire, tant que les taux d’intérêt resteront si bas. Je vous déconseille d’en acheter, et je vous suggère plutôt de garder vos liquidités non investies si jamais vous souhaitez éviter un marché action baissier ou si vous souhaitez rester en dehors du marché pendant quelques temps.

15/05/2018

Pourquoi les rapports Oxfam sont truffés d'erreurs et dotés d'une méthodologie douteuse ?

Attention à la méthodologie douteuse des rapports Oxfam

Oxfam est un regroupement d'associations qui luttent contre la pauvreté et les inégalités dans le monde. Régulièrement, Oxfam publie des rapports sur ces sujets qui sont fortement relayés dans la presse et les médias.

Hier, Oxfam a publié un rapport sur la répartition des bénéfices dans les entreprises du CAC 40. Si le débat mérite d'être soulevé, le rapport lui est truffé d'erreurs et de biais qui décrédibilise malheureusement l'association. Le pire est que cela a été trop rarement évoqué par les médias et la presse. L'Usine Nouvelle a publié une interview de Patrick Artus (directeur chez Natixis donc loin d'être objectif) pour donner une contrepoids mais il aurait été préférable de faire une vraie analyse détaillée et objective pour prendre du recul sur ce rapport Oxfam.

Que dit ce rapport ? Il dit que les entreprises du CAC 40 ont principalement utilisé leurs bénéfices pour rémunérer leurs actionnaires (67 %) et très peu pour rémunérer leurs salariés à travers la participation et l'intéressement (5 %). Le reste allant au réinvestissement dans l'entreprise. Pourquoi ces conclusions sont biaisées et s'appuient sur des erreurs de méthodes ?

Les dividendes ne reflètent pas la rémunération des actionnaires

Si vous avez lu mon article sur la signification du prix d'une action, vous comprendrez rapidement que, malgré la croyance populaire, les dividendes ne sont absolument pas pertinents pour mesurer la rémunération des actionnaires. En effet, le détachement d'un dividende fait baisser mécaniquement le cours de l'action et cela est neutre pour l'actionnaire.

L'actionnaire cherche à se rémunérer sur la création de valeur de l'entreprise qui fera croitre la valeur de l'action, avec ou sans détachement de dividende. La dividende n'a d'intérêt pour l'actionnaire que s'il juge qu'il fera meilleur usage de cet argent que l'entreprise dans laquelle il a investi. Certains actionnaires privilégient les entreprises à fort dividende non pas à cause de celui-ci directement mais parce qu'un fort dividende est souvent (pas toujours) synonyme d'une entreprise qui arrive à être rentable sur le long terme.

Quelqu'un qui s'intéresse un peu aux marchés financiers et aux actions d'entreprise verra facilement que les entreprises qui distribuent des dividendes ne sont pas forcément une bonne affaire pour l'investisseur, surtout dans les entreprises du CAC 40 ! Historiquement, EDF a toujours été un exemple de gros distributeur de dividendes. Et le cours de son action s'est effondré tout au long des années. Un très mauvais pari pour l'actionnaire. Au contraire, une entreprise comme Iliad (maison mère de Free) distribue une part très faible de dividendes et a pourtant permis à ces actionnaires de s'enrichir considérablement. Un autre exemple frappant est celui d'Apple qui ne distribue quasiment jamais de dividendes, et pourtant leurs actionnaires sont devenus très riches en possédant ces actions Apple.

A travers son rapport et ses comparaisons à d'autres pays, Oxfam sous-entend que le CAC 40 rémunère mieux que les autres pays. Il suffit de comparer objectivement et financièrement ce qu'aurait gagné un investisseur sur le CAC 40 plutôt qu'un investisseur sur le DAX ou le S&P 500 (toutes les données historiques sont disponibles) pour comprendre que cela est totalement faux.

Les profits d'une entreprise française ne sont pas que les profits du travail des salariés français

On l'oublie encore trop souvent (et pourtant on devrait en être fier) mais les entreprises du CAC 40 génèrent la majorité de leurs profits à l'étranger. Il est absurde de vouloir le comparer uniquement aux salariés français. Les investissements de ces entreprises se font dans le monde entier, tout comme les actionnaires sont loin d'être tous français.

Les salaires et les conditions de travail sont aussi des facteurs de partage des revenus de l'entreprise

Les salaires (et son évolution) ainsi que les conditions de travail sont bien plus pertinents comme éléments que les primes (qui ne touchent pas tous les salariés) et l'intéressement pour mesurer le partage des revenus au sein d'une entreprise.

Pourtant, Oxfam oublie complètement d'évoquer ces aspects et de faire une étude approfondie détaillée. Ce n'est pas étonnant quand on sait que les salariés des entreprises du CAC 40 bénéficient de nombreux avantages et d'une évolution salariale favorable comparée à d'autres entreprises similaires dans d'autres pays.

Les salariés sont aussi souvent des actionnaires

Pourquoi chercher sans cesse à opposer salariés et actionnaires ? Dans les entreprises du CAC 40, la proportion de salariés actionnaires est extrêmement importante grâce aux dispositifs de Plan d'Epargne Salariale (dont je vous recommande l'utilisation dans cet article).

Si les actionnaires du CAC 40 s'enrichissent si simplement, n'oubliez pas que n'importe qui peut devenir actionnaire de tout le CAC 40 via des trackers ayant très peu de frais de gestion. Devenez actionnaire, c'est aussi le conseil que je vous donne à travers ce blog.

D'autres méthodes douteuses dans de précédents rapports Oxfam

Malheureusement ce n'est pas la première fois qu'Oxfam utilise une méthodologie douteuse. Et pire encore, ce n'est pas la première fois (et certainement pas la dernière) que ces conclusions sont fortement relayées par tous les médias qui n'apportent que trop rarement un regard critique.

Il y a quelques mois, Oxfam publiait un autre rapport sur les inégalités de richesse avec une formule choc : 82 % des richesses créées dans le monde ont bénéficié aux 1 % les plus riches. La méthodologie utilisée pour évaluer la richesse est très critiquable. En effet, en regardant le patrimoine net des emprunts, une personne qui possède un prêt immobilier se retrouve plus pauvre qu'un enfant syrien sans abri. De même, avec cette méthodologie, les Etats-Unis font partie des pays ayant le plus de pauvres loin derrière la Chine. Est-ce vraiment pertinent ?

Je vous invite à lire cet article des décodeurs du Monde pour comprendre en détails en quoi il faut être méfiant vis à vis de cette étude. Ainsi que cet article sous Wikipédia qui parle des nombreuses polémiques et critiques qui entâchent Oxfam. Difficile de comprendre pourquoi ils arrivent à garder cet aura médiatique...

En conclusion, attention donc aux études médiatisées et aux conclusions trop hâtives. Ces débats doivent être soulevés et nous sommes loin de vivre dans un monde avec une juste répartition des richesses. Mais si nous ne faisons pas l'effort de comprendre la complexité du problème, nous n'arriverons jamais à des solutions efficaces ni à faire élever le débat et les croyances populaires.

10/05/2018

Comment investir dans la Française des Jeux et les entreprises privées de radars routiers ?

La Française des Jeux ne serait pas forcément un bon investissement

Avec les récentes rumeurs autour d'une privatisation de la Française des Jeux, de nombreux investisseurs se demandent s'il est possible d'investir dans cette société très rentable dont le modèle économique est statistiquement gagnant sur le long terme. De même, face à l'arrivée de sociétés privées pour contrôler les infractions routières, des investisseurs sont tentés de parier sur ces entreprises, a priori, très rentable et génératrice de cash important.

Aujourd'hui, il est impossible d'investir dans la Française des Jeux, ni dans les sociétés privées de radars routiers. En effet, leur capital n'est pas ouvert et n'est pas côté en bourse. De plus, à ma connaissance, aucune entreprise possède un business plus ou moins corrélé avec ce genre d'entreprises très particulières.

Si un jour, l'Etat décide de céder ses parts dans la Française des Jeux, il pourrait choisir de les vendre sur le marché boursier ou à des investisseurs institutionnels. Dans le premier cas, les particuliers pourraient alors acheter des actions de la Française des Jeux. Ce n'est pour le moment qu'une possibilité, rien n'est confirmé et cette décision peut prendre encore quelques années à se concrétiser.

Quant aux entreprises qui nous flashent sur les routes, à ma connaissance, aucune n'a l'intention de mettre son capital sur les marchés financiers et il est peu probable que cela soit le cas. En effet, s'introduire en bourse engendre un coût important et cela se fait généralement pour accompagner une future forte croissance durable et long terme. Ce n'est pas forcément le cas de ces entreprises très spécifiques.

Est-ce forcément un bon plan d'investir dans ces sociétés ?

Pourquoi les investisseurs particuliers sont friands de ces entreprises ? Parce qu'elles ont une réputation de forte rentabilité et de solidité financière grâce à leur modèle économique très particulier. En effet, les jeux de hasard sont toujours gagnants, statistiquement, pour le créateur du jeu. Quant aux infractions routières, elles ne sont pas prêtes de disparaitre. Mais objectivement et financièrement parlant, est-ce vraiment une bonne affaire ?

S'il est vrai que la Française des Jeux a annoncé des bénéfices records à de nombreuses reprises, son bénéfice net aux alentours de 160 millions d'euros ne représentent qu'un peu plus de 1 % de son chiffre d'affaires. On est donc à un niveau de rentabilité très faible comparé à d'autres entreprises.

Quant aux entreprises de contrôle d'infractions routières, il n'y a pas encore de données sufissament consolidées et significatives qui démontrent une rentabilité durable et sans risque. De plus, avec la démocratisation à venir des véhicules autonomes dans les prochaines décennies, il est fort probable que le nombre d'infraction routière diminue fortement. Aussi, il ne faut pas oublier que l'argent obtenu à travers les amendes sert en majeure partie à financer les travaux de l'Etat et non les entreprises qui vous flashent.

Enfin, dans ce genre d'introduction en bourse de nouvelles entreprises qui ont la côte auprès du public, la médiatisation autour fait souvent gonfler les prix de l'action un peu artificiellement. N'oubliez pas qu'une entreprise a beau être merveilleuse, elle a toujours une certaine valeur et cela ne veut pas dire qu'il faut l'acheter à n'importe quel prix. Je termine donc par cette citation de Warren Buffet : le prix est ce que vous payez, la valeur est ce que vous obtenez. A méditer.

07/05/2018

PEI et PERCOI : qu'est-ce que c'est ?

PEI et PERCOI : l'épargne salariale pour les petites et moyennes entreprises

Avez-vous déjà entendu parlé du PEI et PERCOI ? PEI pour Plan d'Epargne Interentreprises et PERCOI pour Plan d'Epargne Retraite COllectif Interentreprises. Pour les épargnants, ce sont en fait des dispositifs de placements ayant exactement les mêmes caractéristiques que les PEE et PERCO, les moyens d'épargnes salariales classiques. Pour les entreprises notamment de les petites et de tailles moyennes, ce dispositif bénéficie d'une procédure simplifiée.

Dans le cadre d'un PEI et PERCOI, ce sont souvent des banques qui proposent des solutions clé en main aux entreprises qui n'ont plus qu'à faire ratifier un accord collectif auprès de ses salariés pour profiter de ce dispositif d'épargne.

Pourquoi profiter de l'épargne salariale ?

Comme je vous en avais déjà parlé dans ce billet à propos de l'épargne salariale, ce dispositif présente de très nombreux avantages comme une réduction d'impôts, un éventuel abondement de l'entreprise et des frais de gestion très compétitifs.

Grâce au PEI et PERCOI, même les petites et moyennes entreprises peuvent faire profiter leurs salariés des avantages de l'épargne salariale, sans passer par les lourdeurs administratives des PEE et PERCO. Si votre entreprise ne le propose pas encore, c'est le moment de souffler l'idée auprès de la direction et des représentants des salariés.

Au final, l'épargne salariale s'avère être un excellement complément à votre PEA et assurance-vie. Je vous invite à relire mon billet concernant la bonne répartition de vos placements entre ces différents dispositifs d'épargne.

03/05/2018

L'investissement progressif : est-ce vraiment efficace ?

L'investissement progressif consister à acheter régulièrement au fil du temps

Investir progressivement en achetant des actions ou des trackers tous les mois, trimestres, semestres ou même années permet de lisser les variations du marché. Mais est-ce vraiment efficace ?

Statistiquement, cela vous permettra d'éviter d'acheter au plus haut... mais aussi au plus bas. En fait, l'investissement progressif permet de réduire la volatilité de votre portefeuille. En contrepartie, vous n'êtes pas investis totalement dès le début, et vous n'allez pas profiter pleinement de la bonne ou mauvaise performance des marchés.

Des simulations ont été réalisées pour tester, a posteriori, l'efficacité de l'investissement progressif. Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article intéressant sur le blog Revenus et dividendes et dont le graphique ci-dessous est extrait. Il compare les performances entre un portefeuille où l'investissement a été fait d'un coup, et un portefeuille avec des versements réguliers tous les mois, sur une période de 8 ans sur le CAC 40.

Comparaison de performances entre un versement unique et des versements réguliers

Le résultat est frappant : l'investissement étalé dans le temps permet de faire bien mieux qu'un versement unique d'un grand montant. Si la différence est frappante, c'est aussi parce que la période choisie est un marché relativement baissier. Et mathématiquement, c'est lors d'un marché plutôt neutre ou baissier que l'investissement progressif est le plus performant.

Si le marché est très haussier, il est préférable de tout investir d'un coup. Mais il est impossible de savoir combien de temps va durer un marché très haussier. De plus, d'expérience, les marchés financiers ont plutôt tendance à monter de manière progressive et lente (sauf lors de bulles), et par contre à chuter fortement et rapidement. D'où le dicton : les marchés prennent les escaliers pour monter et l'ascenseur pour descendre. Dans ces conditions, l'investissement progressif reste la meilleure méthode pour réduire le risque et garantir une bonne performance sur le long terme.

Le danger des frais de transaction

Le seul problème à l'investissement progressif étalé dans le temps est qu'il va augmenter le nombre de transactions. Dans le cadre d'un PEA ou d'un PEA-PME, cela risque d'engendrer des frais de courtage très importants qui vont plomber la performance de votre portefeuille.

Je vous invite donc à regarder mon comparatif détaillé des frais de transactions des principales banques en ligne pour voir à partir de quel montant il devient intéressant d'acheter ou de vendre des actions pour amortir les frais de transactions.

Dans le cadre d'une assurance-vie dans une banque en ligne, il n'y a généralement pas de frais d'entrée ni de sortie. Ainsi, l'investissement progressif n'aura pas d'impact négatif en termes de frais.

En conclusion : en bourse, rien ne sert de se précipiter. Si vous n'êtes pas là pour jouer comme dans un casino, alors investissez votre argent de manière progressive et régulière, tous les mois ou trimestres ou plus encore en fonction de votre capacité d'épargne.